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Comprendre les addictions pour s'en libérer

Un constat est sans appel : au cours de notre existence, nous sommes tous – directement ou indirectement – concernés par les addictions, et ce quelle que soit leur nature. Car, de tout temps, les hommes ont cherché à s’évader des limites qui leur sont imposées par leurs 3 ennemis intimes, à savoir leur corps, leur raison et les normes sociales.

Mais rappelons tout d’abord que le terme « addiction » est d’usage récent et désigne l’asservissement d’un sujet à une substance ou une activité dont il a contracté l’habitude par un usage plus ou moins répété. On parle d’addiction lorsque le besoin l’emporte sur le désir, lorsque la sensation remplace l’émotion et la relation, lorsqu’un produit ou un comportement envahit le champ des plaisirs possibles et devient prioritaire pour obtenir du plaisir ou apaiser une tension, lorsque la passion domine la raison.

Si, pendant longtemps, les addictions ont principalement évoqué la dépendance à la drogue, au tabac et à l’alcoolisme, elles regroupent désormais ce que l’on appelle les addictions comportementales, telles que les troubles du comportement alimentaire, les dépendances sexuelles ou affectives, les achats compulsifs, l’activité sportive intensive, les addictions aux jeux de hasard et d’argent, aux jeux vidéo, la cyberaddiction…

Si les addictions sont d’abord la recherche du plaisir à l’état brut, elles sont autodestructrices. Elles s’attaquent à la fois au corps (dépendance physique) et au psychisme (dépendance psychique) et transforment la nature des rapports avec autrui.

Afin de les traiter, mais aussi de prévenir leur apparition, il est impératif de dénouer les mécanismes de la mise en place des addictions. Les nombreuses recherches actuelles sur le sujet tendent à montrer que tout se joue au coeur du fonctionnement cérébral. Comprendre les addictions pour mieux les déjouer, tel est le sujet ambitieux et non moins passionnant que nous avons souhaité aborder dans ce numéro.

La plante du mois Le kudzu Pueraria montana La plante du sevrage alcoolique

Kudzy et botanique

Originaire d’Asie du Sud-Est, le kudzu est présent au Japon, en Chine, au Cambodge, aux Philippines et en Inde. Il a été importé dans le sud-est des États-Unis dans les années 1930 afin de contrôler l’érosion des sols.

C’est une plante grimpante de la famille des Fabacées – la même famille botanique que le haricot –, surnommée la vigne kudzu car elle est capable de recouvrir en un temps record des arbres ou des maisons entières qui peuvent lui servir de support.

Vers la fin de l’été, le kudzu produit des grappes de petites fleurs allongées de couleur violette à pourpre, avec une tache jaune sur le pétale supérieur. Elles sont très odorantes et rappellent l’arôme du raisin. Ces fleurs se transforment ensuite en gousses brunes, velues et plates, de 3 à 10 graines. Riches en amidon, les racines d’un plant de kudzu peuvent atteindre 2 m de long et 50 cm de diamètre.

Histoire et tradition du kudzu

Le kudzu est utilisé en Chine et au Japon depuis plus de 1 000 ans. On lui reconnaît de multiples propriétés. En Chine, il est coutume de consommer des tisanes à base de racines de kudzu pour soigner toutes sortes de maux : migraine, fièvre, diarrhée, dysenterie, gastro-entérite, surdité, angine de poitrine, allergie, rougeole… Les Chinois l’emploient depuis longtemps pour combattre l’alcoolisme car il agit, entre autres, sur le stress induit lors d’une sensation de manque. Au Japon, la racine est reconnue comme décontractant musculaire et nerveux. En Orient, elle sert également à des fins alimentaires.

Les fleurs du kudzu sont aussi intéressantes en infusion pour traiter les maux d’estomac. Les tiges peuvent, quant à elles, être appliquées en cataplasmes sur des plaies et inflammations diverses. 

Etymologie et légendes autour du kudzu

Le kudzu a été l’objet d’un phénomène de mode aux États-Unis au 19e siècle. Il a si bien démontré son incroyable rapidité d’expansion aux habitants de certains États que ceux-ci essaient aujourd’hui de le faire disparaître ! La ville de Tallahassee, en Floride, a récemment réussi à nettoyer 400 hectares couverts de kudzu grâce à un troupeau de plus de 1 000 chèvres, qui se régalent de ses feuilles !

Son exceptionnelle vitalité explique le nom de genre de la plante – Pueraria –, du latin puer, « enfant ». Son nom d'espèce – montana – signifie « de la montagne », et celui de sa variété – lobata – fait référence à la forme de ses feuilles (lobe).

Le kudzu est devenu si populaire aux États-Unis que son nom est même repris par certains groupes de musique ou équipes sportives.

Les deux galéniques du kudzu

• La poudre de racines, issue de la pulvérisation des racines séchées après récolte. Elles sont riches en fibres et en oligoéléments.

• La fécule, obtenue par broyage de la racine fraîche dans l’eau, filtration, puis séchage de la solution liquide recueillie. Elle intervient comme liant en cuisine. En thérapeutique, elle présente des qualités plus atténuées que la racine brute, mais un résultat plus rapide lors d’une prise. Elle est riche en bases alcalines, ce qui explique son action tampon face à des terrains en acidose.

Côté santé

Plante adaptogène renommée de la pharmacopée chinoise, le kudzu est de plus en plus utilisé dans le reste du monde. Parmi les isoflavones contenues dans sa racine, parlons de la daidzine et de la daidzéine, ainsi que de la puérarine, qui ont des facultés bien spécifiques :

• La daidzéine et la daidzine ont montré une activité significative dans l’inhibition de l’envie de boire ou de fumer. Ces deux molécules retardent et réduisent le pic d’alcool dans le sang. Les propriétés antioxydantes (qui seraient 100 fois plus puissantes que celles de la vitamine E) et hépatoprotectrices du kudzu le rendent efficace lors d’une cure de désintoxication, d’autant plus qu’il active le métabolisme et accélère ainsi l’élimination des toxines. En parallèle, le kudzu a des vertus calmantes et anti-stress qui aident à lutter contre l’effet de manque.

La daidzéine est également un phyto-oestrogène qui se lie aux récepteurs oestrogéniques et faciliterait l’ovulation. Selon certaines études effectuées sur des femmes en période de ménopause, l'ingestion de kudzu durant une période de 12 semaines a provoqué une atténuation significative des symptômes liés à cet état, et plus particulièrement les bouffées de chaleur. À plus long terme, le kudzu permettrait aussi de limiter la décalcification osseuse liée à la ménopause.

• On trouve de nombreuses publications sur les avantages de la puérarine : elle abaisserait la tension artérielle et aurait un pouvoir vasodilatateur. Elle limiterait également la coagulation sanguine. Elle aurait aussi un effet anti-pyrétique (qui fait tomber la fièvre) car elle agit sur les récepteurs à la sérotonine. Des études sur des rats ont mis en évidence que la puérarine affaiblit la glycémie en améliorant l’utilisation du glucose. Elle pourrait donc trouver des applications dans les traitements contre le diabète. La puérarine serait aussi un stimulant des fonctions intellectuelles (augmentation de la mémorisation, baisse de la durée d’apprentissage…) car elle activerait le métabolisme cérébral en favorisant la concentration d’acides aminés au niveau de l’hippocampe.

De plus, la racine de kudzu diminuerait le taux de cholestérol sanguin et aurait une action immunostimulants. De nombreux troubles intestinaux pourraient aussi être traités par des extraits de kudzu grâce à ses vertus antispasmodiques.

Des travaux sont conduits dans des universités de Caroline du Nord (États- Unis) pour prouver que les constituants du kudzu augmentent les « opioïdes » naturels du cerveau, à savoir la fameuse dopamine, et pourrait expliquer ainsi les performances de cette étonnante plante sur les comportements addictifs en général.

Côté beauté

Si l’on connaît moins ses propriétés cosmétiques, la racine de kudzu est un très bon actif antioxydant et anti-âge, grâce à sa richesse en isoflavones. Étant également hydratant et apaisant, il peut entrer dans la préparation de soins pour peaux matures, fatiguées ou sensibles. Sa teneur en minéraux en fait aussi un reminéralisant et un fortifiant des ongles efficace.

 Comprendre les addictions pour s’en libérer

« C’est dans l’acceptation de notre vulnérabilité que réside notre guérison. » Bernie Siegel (chirurgien et enseignant américain, un des pionniers de la médecine corps/esprit, praticien notamment aux côtés de patients atteints d’un cancer ou du sida)

L’addiction est une relation pathologique à une substance ou un comportement qui modifie l’humeur et dont les effets sont destructeurs. Celui qui souffre d’addiction est un être profondément blessé, isolé chaque jour davantage, prisonnier d’une geôle qu’il a contribué à construire et dont il a jeté la clé. Les conséquences sur son psychisme, mais aussi sa santé, sont désastreuses. Pour se libérer de ses addictions, encore faut-il en comprendre les rouages. Décryptage avec plusieurs experts en la matière.

Les mécanismes de l’addiction

Saviez-vous que différents facteurs jouent un rôle-clé dans la vulnérabilité à l’addiction ?

  • les facteurs génétiques, qui représentent environ 50 % du risque de développer une addiction,
  • les facteurs développementaux (vie intra-utérine, enfance, adolescence),
  • les facteurs environnementaux (culturels, stress, drogue, sociaux et familiaux).

Par ailleurs, les circuits cérébraux impliqués sont ceux qui le sont dans les fonctions exécutives (notamment la prise de décision), la récompense*, la motivation, l’humeur, ainsi que l’intéroception (perception des signaux qui proviennent du corps).

Il faut bien comprendre que le chemin qui mène du plaisir à l’addiction passe très probablement par des phénomènes liés à la fois à l’automatisme dans lequel le comportement initialement motivé devient, par la suite, une habitude et à une amplification progressive de la motivation à consommer.

La transition de l’abus vers l’addiction implique ainsi une augmentation de la motivation à consommer, un état émotionnel négatif et une diminution de la capacité à inhiber certains comportements. Au niveau cérébral, on constate une hypoactivation des régions corticales frontales qui entretiennent des liens étroits avec les systèmes limbiques, moteurs et sensoriels et contribuent à leur régulation, et une hyperactivation des zones impliquées dans la motivation, la mémoire, le conditionnement et les émotions. À l’heure actuelle, il n’est pas clairement établi si cette dérégulation fonctionnelle observée chez les personnes dépendantes précède le développement de l’addiction ou si elle est induite par la consommation chronique.

* Le circuit de la récompense est le système fonctionnel fondamental des mammifères, situé le long du faisceau médian du télencéphale. Il est indispensable à la survie, car il fournit la motivation nécessaire à la réalisation d’actions ou de comportements adaptés, préservant ainsi l’individu et l’espèce (évitement des dangers, reproduction, nourriture). Les différentes structures du circuit des récompenses sont formées de l’aire tegmentale ventrale, l’amygdale, du noyauaccumbens, du septum et du cortex préfontal.

Source : Inserm

À lire…

Livre-La-genese-des-addictionsLa genèse des addictions d’Odile Lesourne

Essai psychanalytique sur le tabac, l’alcool et les drogues

Où commence l'addiction ? Qu'est-ce qui fait qu'un sujet qui consomme tel ou tel produit est ou devient addict à tel ou tel produit ? Quelle est la genèse des addictions ? Au cours de nombreux entretiens, l'auteur a constaté que l'addiction n'obéit pas aux mêmes règles de fonctionnement que le conflit névrotique et qu'il fallait la penser autrement. Selon elle, l'addiction résulterait d'un clivage du moi au moment de sa construction et des « accidents » survenus durant cette construction au cours de la petite enfance. L'ouvrage s'adresse à tous ceux qui sont préoccupés par ce sujet.

Éditions PUF - 260 pages - 21,50 €

 

Livre-Psychopathologie-des-addictionsPsychopathologie des addictions de Jean-Louis Pedinielli, Georges Rouan et Pascale Bertagne

Parmi les addictions, on classe généralement les toxicomanies graves, l’alcoolisme avec dépendance, le tabagisme, la boulimie, le jeu pathologique, certaines tentatives de suicide répétées ou conduites de risque, les achats compulsifs, la sexualité compulsive, les excès de dépense physique ou de travail, et on inclut désormais les cyberaddictions. Ce livre précise la définition et les modèles explicatifs des différentes addictions, ainsi que les théories psychopathologiques qui tentent d’expliquer le phénomène d’addiction, quel que soit l’objet sur lequel il porte.

Éditions PUF - 180 pages - 14 €

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La ChouetteL'écolomag 67 Article rédigé par Sophie Macheteau


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