Les plantes traditionnelles européennes
Plusieurs plantes ont une longue histoire d'usage traditionnel en herboristerie européenne en lien avec le confort veineux.
La vigne rouge (Vitis vinifera tinctoria)
Variété particulière de vigne (Vitis vinifera de la famille des Vitacées) à feuilles rouges en automne (alors que la plupart des vignes ont des feuilles qui jaunissent puis tombent). Cette coloration vient de la production de flavonoïdes dans les feuilles, notamment des anthocyanes (pigments rouges-violets). C'est ce qui distingue les variétés "tinctoria" (à teinture) des autres variétés de vigne. Les feuilles de vigne rouge sont récoltées à l'automne, à pleine maturation. Elles contiennent des flavonoïdes (quercétine, kaempférol, rutine), des tanins, et des acides organiques. La vigne rouge fait partie des plantes traditionnelles européennes les plus connues pour le confort veineux.
Le marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum)
Arbre de la famille des Sapindacées, originaire des montagnes des Balkans (et non d'Inde, malgré son nom). Il a été introduit en Europe occidentale à partir du XVIe siècle. Son nom scientifique hippocastanum vient du grec "hippos" (cheval) et "castaneon" (châtaigne), en référence à un usage traditionnel chez les chevaux. Ce sont les graines (les "marrons", qui ne sont pas comestibles pour l'humain à l'état brut) et l'écorce qui sont utilisées en herboristerie traditionnelle. Elles contiennent un complexe de saponines caractéristiques appelé aescine, identifié et nommé en 1953 par le pharmacologue allemand Werner Kunze.
Le fragon petit-houx (Ruscus aculeatus)
Plante vivace de la famille des Asparagacées (comme l'asperge), présente dans les sous-bois et lieux ombragés d'Europe. Aussi appelée "petit-houx" en raison de ses cladodes épineux (faux feuilles ayant la forme de feuilles épineuses, qui sont en réalité des rameaux aplatis). C'est son rhizome (tige souterraine) qui est utilisé en herboristerie. Il contient des saponines stéroïdiennes caractéristiques appelées ruscogénines et néoruscogénines, ainsi que des flavonoïdes. Le fragon est mentionné dès l'Antiquité par les auteurs gréco-romains (Dioscoride, Pline l'Ancien).
L'hamamélis (Hamamelis virginiana)
Arbuste de la famille des Hamamélidacées, originaire d'Amérique du Nord (notamment la Virginie, d'où son nom virginiana). Aussi appelé "noisetier des sorcières" (witch hazel en anglais), il a la particularité de fleurir en automne et de propulser ses graines par éjection mécanique jusqu'à plusieurs mètres. Il était traditionnellement utilisé par plusieurs peuples amérindiens (Cherokees, Mohawks, Iroquois) qui ont transmis cet usage aux colons européens. Ce sont ses feuilles et son écorce qui sont employées. Elles contiennent des tanins caractéristiques (hamamélitanin), des flavonoïdes et des huiles essentielles.
Le cyprès (Cupressus sempervirens)
Conifère de la famille des Cupressacées, emblématique du paysage méditerranéen. Son nom scientifique sempervirens signifie "toujours vert", en référence à son feuillage persistant. Il occupe une place importante dans la culture méditerranéenne depuis l'Antiquité (mentionné par Homère, Théocrite, Virgile). Ce sont les cônes (parfois appelés "noix de cyprès") qui sont utilisés en herboristerie traditionnelle. Ils contiennent des proanthocyanidines, des flavonoïdes et des tanins.
Le ginkgo (Ginkgo biloba)
Arbre considéré comme un "fossile vivant" : c'est la seule espèce survivante d'une famille botanique qui existait il y a 270 millions d'années. Originaire de Chine, il est mentionné dans la pharmacopée chinoise traditionnelle. Sa résistance est légendaire : six ginkgos avaient survécu à l'explosion atomique d'Hiroshima en 1945 et ont continué à pousser. Ce sont ses feuilles bilobées (d'où son nom "biloba") qui sont utilisées en herboristerie occidentale, contenant des flavonoïdes (notamment quercétine, kaempférol) et des terpénoïdes caractéristiques (ginkgolides, bilobalide). Le ginkgo est traditionnellement associé à la circulation périphérique et à la fonction cérébrale.
Les flavonoïdes : informations générales
Les flavonoïdes sont une grande famille de composés végétaux présents dans de nombreuses plantes traditionnelles européennes.
Les anthocyanes et OPC
Les anthocyanes sont les pigments rouges, violets et bleus présents dans de nombreux fruits et fleurs (myrtille, cassis, mûre, raisin noir, vigne rouge, fleurs d'hibiscus). Le terme vient du grec "anthos" (fleur) et "kyanos" (bleu). Les OPC (oligo-proanthocyanidines, aussi appelés "procyanidines") sont une famille apparentée, identifiée en 1948 par le professeur français Jack Masquelier à l'université de Bordeaux à partir des téguments d'arachide, puis du marc de raisin. Ces composés se trouvent en abondance dans le marc de raisin, le pin maritime des Landes, l'écorce des arbres.
La rutine et la quercétine
La rutine (parfois appelée "vitamine P", terme historique aujourd'hui abandonné) a été isolée en 1842 par le chimiste allemand Christian Friedrich Weiss à partir des feuilles de rue (Ruta graveolens), d'où son nom. C'est un flavonoïde glycosylé (composé d'une partie flavonoïde, la quercétine, liée à un sucre, le rutinose). On la trouve dans la rue, le sarrasin, l'asperge, l'asperge, plusieurs agrumes. La quercétine (de "quercus" = chêne, où elle fut d'abord identifiée) est l'un des flavonoïdes les plus répandus dans le règne végétal.
Le marc de raisin et le resvératrol
Le marc de raisin est le résidu solide obtenu après pressurage des raisins lors de la vinification : peaux, pépins, rafles. Riche en polyphénols, il est valorisé dans plusieurs filières (alimentation animale, distillerie, compléments alimentaires). Les pépins de raisin sont particulièrement riches en OPC. Le resvératrol, polyphénol célèbre de la peau du raisin et du vin rouge, a été identifié en 1939 par le chimiste japonais Michio Takaoka à partir du vératre blanc (Veratrum album), avant d'être retrouvé dans le raisin en 1976. Il fait partie des stilbènes.
Les préparations marines associées
Certains compléments alimentaires de cette sous-catégorie associent plantes traditionnelles et préparations marines.
Les algues du littoral
Plusieurs algues du littoral atlantique sont utilisées dans les préparations marines : fucus (Fucus vesiculosus), laminaire (Laminaria digitata), ascophylle (Ascophyllum nodosum), récoltées sur les côtes de Bretagne et du Cotentin. Elles apportent naturellement des minéraux (iode, calcium, magnésium, potassium), des oligo-éléments et des polysaccharides spécifiques (alginates, fucoïdanes).
Les complexes physiologiques marins
Certaines préparations (comme celles du laboratoire Biothalassol, basé en Bretagne) associent plantes terrestres traditionnelles (vigne rouge, marronnier d'Inde, fragon) et algues du littoral atlantique, dans une démarche dite de "thalassonutrition". L'idée centrale est de combiner les principes actifs des plantes terrestres avec les minéraux et oligo-éléments naturellement concentrés dans le milieu marin. Ces préparations sont généralement présentées sous forme d'ampoules buvables.
Statut des allégations santé
Le cadre réglementaire européen impose une vigilance particulière sur les allégations santé en lien avec la circulation veineuse.
Les plantes et la circulation veineuse
Concernant les plantes traditionnelles européennes mentionnées dans cette sous-catégorie (vigne rouge, marronnier d'Inde, fragon, hamamélis, cyprès) : aucune allégation santé n'a été validée par l'EFSA sur le confort veineux ou la circulation. Ces plantes sont décrites selon leur tradition d'usage en herboristerie européenne, sans allégation santé reconnue officiellement à ce jour. Elles figurent dans la liste des plantes autorisées en compléments alimentaires (arrêté du 24 juin 2014 dit "arrêté plantes").
Les nutriments associés avec allégations EFSA
Certains nutriments associés aux préparations de cette sous-catégorie disposent d'allégations EFSA officielles : "La vitamine C contribue à la formation normale du collagène pour assurer la fonction normale des vaisseaux sanguins". "Le potassium contribue au maintien d'une pression sanguine normale" (à 2000 mg/jour). "La vitamine C contribue à la protection des cellules contre le stress oxydatif". "La vitamine E contribue à la protection des cellules contre le stress oxydatif".
Cadre réglementaire
Le cadre réglementaire applicable est le règlement européen CE n°1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé. En France, l'arrêté du 24 juin 2014 liste les plantes autorisées dans les compléments alimentaires (vigne rouge, marronnier d'Inde, fragon, hamamélis et plusieurs autres figurent dans cette liste, sous les conditions précisées). Les compléments alimentaires à base de ces plantes sont commercialisés sans allégation santé spécifique sur la circulation.
Questions fréquentes
Quelle différence entre vigne rouge et vigne classique ?
Il s'agit de la même espèce botanique (Vitis vinifera), mais de variétés différentes. La "vigne rouge" (Vitis vinifera tinctoria) désigne des variétés dont les feuilles deviennent rouges en automne grâce à leur richesse particulière en anthocyanes. Les variétés communes de vigne (utilisées pour le vin) ont des feuilles qui jaunissent puis tombent simplement en automne. Toutes les vignes produisent des flavonoïdes, mais la vigne rouge en accumule davantage dans ses feuilles, ce qui justifie son utilisation traditionnelle en herboristerie pour les préparations à base de feuilles.
Marronnier d'Inde et marron commun : quelle différence ?
Le marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum, famille des Sapindacées) et le châtaignier commun (Castanea sativa, famille des Fagacées) sont deux espèces très différentes botaniquement. Les "marrons" du marronnier d'Inde ne sont pas comestibles à l'état brut (ils contiennent des saponines toxiques). Ce sont les châtaignes du châtaignier qui sont consommées. Le marron d'Inde porte des feuilles palmées composées (5 à 7 folioles), tandis que le châtaignier a des feuilles simples allongées et dentées.
Qu'est-ce que les OPC ?
Les OPC (oligo-proanthocyanidines, aussi appelés "procyanidines") sont une famille de flavonoïdes complexes. Ils ont été décrits à l'origine en 1948 par le professeur français Jack Masquelier à l'université de Bordeaux. On les trouve en abondance dans : marc et pépins de raisin, écorce de pin maritime (notamment des Landes), vin rouge, thé, cacao, baies. Ce sont des composés polyphénoliques caractéristiques du règne végétal, présents notamment dans les téguments des graines et les écorces.
Mode de vie et confort veineux
Les recommandations officielles de santé publique (HAS, PNNS, Fédération Française de Cardiologie) insistent sur l'importance d'une activité physique régulière et adaptée (marche quotidienne, natation, vélo), d'une hydratation suffisante (1,5 à 2 L d'eau par jour, plus selon l'activité), d'une alimentation équilibrée riche en fruits et légumes (sources naturelles de flavonoïdes), et de l'évitement des stations debout ou assises prolongées. Aucun complément alimentaire ne peut se substituer à ces fondamentaux du mode de vie.
Précautions importantes
L'avis d'un professionnel de santé est particulièrement recommandé dans cette catégorie pour : grossesse, allaitement, enfants et adolescents de moins de 18 ans, personnes sous traitement médical (le marronnier d'Inde peut interagir avec certains médicaments anticoagulants, le ginkgo peut interagir avec les anticoagulants et antiplaquettaires), personnes atteintes de pathologies hépatiques, rénales, cardiaques ou vasculaires chroniques, personnes allergiques (notamment aux astéracées pour certaines plantes associées). Toute douleur, gonflement, rougeur ou chaleur localisée au niveau d'une jambe doit conduire à consulter rapidement un professionnel de santé (signe potentiel d'une affection vasculaire à ne pas négliger).