Comprendre son sommeil

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Comprendre son sommeil : horloge biologique, cycles et bonnes habitudes

Nous passons près d'un tiers de notre vie à dormir. Mais que se passe-t-il vraiment dans notre cerveau pendant la nuit ? Le point, sources officielles à l'appui.

Article d'information rédigé à partir de sources officielles (Inserm ; Institut National du Sommeil et de la Vigilance ; Organisation mondiale de la santé ; Autorité européenne de sécurité des aliments – EFSA). Il a une vocation purement informative et ne se substitue pas à un avis médical.

Couche-tôt, oiseau de nuit ou petit dormeur : nous avons tous notre rythme. Mais derrière la diversité de nos nuits se cachent des mécanismes communs et fascinants. Comprendre comment fonctionne le sommeil aide à mieux le respecter — et à adopter les bons réflexes pour des nuits de meilleure qualité.

L'horloge biologique : un chef d'orchestre interne

En général, on s'endort avec la nuit et on s'éveille avec le jour. Ce n'est pas un hasard : nous sommes équipés d'une horloge biologique, inscrite dans nos gènes, qui découpe la journée en deux grandes périodes — un temps d'éveil (environ de 7 h à 23 h) et un temps de sommeil (environ de 23 h à 7 h). Cette horloge est si profondément ancrée qu'elle continue de fonctionner même privée de repères lumineux, comme l'ont montré des expériences de séjours prolongés en grotte.

Le soir, lorsque la lumière baisse, des capteurs situés à l'arrière des yeux (sensibles à l'alternance jour-nuit, même paupières fermées) signalent au cerveau qu'il est temps de produire davantage de mélatonine. Cette hormone naturelle, sécrétée par la glande pinéale, ouvre en quelque sorte la voie vers le « centre du sommeil » et favorise l'endormissement. Sa production diminue naturellement avec l'âge.

Le saviez-vous ? La fameuse baisse de régime du début d'après-midi n'est pas due à la digestion. Vers 14-15 h, la température du corps diminue légèrement, exactement comme le soir au moment de l'endormissement — d'où l'envie de sieste, même sans avoir déjeuné.

Les cycles du sommeil : lent puis paradoxal

Une nuit n'est pas un long bloc uniforme. Elle s'organise en cycles d'environ 90 minutes, répétés 4 à 5 fois, chacun composé de deux grandes phases.

PhaseCe qui s'y passe
Sommeil lent (léger puis profond)Le cerveau tourne au ralenti, mais l'organisme travaille : c'est la phase la plus réparatrice. L'hormone de croissance est sécrétée, les cellules se réparent, le foie et les muscles refont le plein d'énergie.
Sommeil paradoxalL'activité cérébrale ressemble à celle de l'éveil, alors que le corps est totalement relâché (seuls les yeux bougent). C'est le moment où l'on rêve.

Les phases de sommeil paradoxal s'allongent au fil de la nuit, ce qui explique que l'on rêve davantage en fin de nuit. Comme l'activité du cerveau y est proche de celle de l'éveil, c'est aussi à la fin d'un cycle que le réveil est le moins brutal.

Dormir pour mieux mémoriser

Le sommeil ne régénère pas seulement le corps : il consolide aussi la mémoire. Une zone du cerveau, l'hippocampe, reste active pendant le sommeil lent et participe au stockage des informations apprises la veille. Une bonne nuit aide ainsi à mieux retenir ce que l'on a appris. Le sommeil joue également un rôle de tri : il évacue le superflu et conserve l'essentiel. Autrement dit, bien dormir, c'est aussi bien apprendre.

Chronotype : à chacun son rythme

La plupart des personnes ont une horloge qui les pousse à se coucher vers 23 h et à se lever vers 7 h. Mais il existe des exceptions : certains s'endorment naturellement plus tôt, d'autres plus tard. C'est ce qu'on appelle le chronotype, largement déterminé par les gènes et très difficile à modifier. L'essentiel est de connaître le sien et, autant que possible, d'avoir un rythme de vie en phase avec lui.

C'est tout l'enjeu du travail de nuit. Selon les chiffres officiels, plusieurs millions de personnes travaillent de nuit en France. Certaines s'y adaptent bien, mais d'autres, dont l'horloge interne réclame le sommeil à ces heures-là, peuvent en souffrir. L'OMS a d'ailleurs classé le travail de nuit avec désynchronisation de l'horloge biologique comme cancérogène probable. Les personnes concernées qui ressentent une gêne durable ont tout intérêt à en parler à la médecine du travail ou à leur médecin.

Quand le sommeil se dérègle

Les troubles du sommeil sont fréquents : une part importante de la population déclare en souffrir, qu'il s'agisse d'insomnie, d'apnée du sommeil, d'hypersomnie (somnolence excessive en journée), de narcolepsie ou de somnambulisme. Tous n'ont ni les mêmes causes ni les mêmes traitements, et seul un professionnel peut poser un diagnostic — souvent à l'aide d'un enregistrement du sommeil dans un centre spécialisé.

Si vos nuits ou votre vigilance en journée vous inquiètent (somnolence anormale, ronflements importants avec pauses respiratoires, réveils non réparateurs récurrents), n'hésitez pas à consulter votre médecin. Un trouble identifié est un trouble que l'on peut prendre en charge.

La mélatonine : ce que dit l'EFSA

Au-delà de l'hormone naturellement produite par le cerveau, la mélatonine est aussi présente dans certains compléments alimentaires. C'est l'une des rares substances à bénéficier d'allégations de santé validées par l'EFSA dans le cadre du Règlement CE n° 1924/2006. Deux libellés sont autorisés :

« La mélatonine contribue à réduire le temps d'endormissement. »
Condition : l'effet bénéfique est obtenu par la consommation d'au moins 1 mg de mélatonine peu avant le coucher.

« La mélatonine contribue à atténuer les effets du décalage horaire. »
Condition : l'effet bénéfique est obtenu par la consommation d'au moins 0,5 mg juste avant le coucher, le premier jour du voyage et les jours suivant l'arrivée.

À titre de repère, l'ANSES recommande de ne pas dépasser des doses supérieures à celles des compléments alimentaires et de privilégier la dose minimale utile. La mélatonine n'est pas adaptée à toutes les situations ni à tous les profils : en cas de traitement en cours, de grossesse, d'allaitement, ou pour les enfants, l'avis d'un professionnel de santé est recommandé avant toute prise.

Quelques réflexes pour de meilleures nuits

Dormir dans l'obscurité la plus totale. Volets ou rideaux fermés, et surtout aucune veilleuse : on bannit de la chambre télévision, ordinateur et téléphone, dont la lumière perturbe la production de mélatonine.
Éviter l'activité physique intense dans les une à deux heures précédant le coucher.
Éviter les repas trop copieux le soir.
Respecter ses cycles. Se coucher dès les premiers signes de fatigue (bâillements, paupières lourdes) permet de prendre le bon « train » du sommeil et de s'endormir plus facilement.
Information importante. Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. Les troubles du sommeil persistants relèvent d'un diagnostic médical. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain ; avant toute prise, et en cas de traitement, de grossesse ou d'allaitement, demandez l'avis d'un professionnel de santé.
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