Les plantes adaptogènes traditionnelles
Plusieurs plantes traditionnellement présentes dans cette catégorie sont qualifiées d'"adaptogènes", terme introduit par le pharmacologue soviétique Nikolaï Lazarev en 1947. Voici leurs principales caractéristiques botaniques.
La maca (Lepidium meyenii)
Plante de la famille des Brassicacées (comme le chou, la moutarde et le radis), originaire des hauts plateaux des Andes péruviennes, où elle pousse entre 3 800 et 4 500 mètres d'altitude. Sa racine tubéreuse, comestible, est traditionnellement consommée par les populations andines depuis plus de 2 000 ans. La maca contient des glucosinolates (composés caractéristiques des Brassicacées), des acides aminés, des minéraux (calcium, fer, zinc), et des composés spécifiques appelés macamides et macaénes, identifiés dans les années 2000. Elle existe en plusieurs variétés selon la couleur de sa racine (jaune, rouge, noire).
Le schizandra (Schisandra chinensis)
Plante grimpante de la famille des Schisandracées, originaire des forêts du nord-est de la Chine, de la Corée et de l'extrême-orient russe. Son nom chinois "wǔ wèi zǐ" (五味子) signifie littéralement "fruit aux cinq saveurs", car ses baies réuniraient les cinq saveurs de la médecine traditionnelle chinoise : sucré, salé, acide, amer et piquant. Elle figure parmi les plantes les plus anciennement décrites dans le Shennong Ben Cao Jing, herbier chinois compilé au Ier siècle. Ses baies contiennent des lignanes caractéristiques (schizandrines), étudiées depuis les années 1970.
Le ginseng (Panax ginseng)
Plante vivace de la famille des Araliacées, originaire des forêts montagneuses de Corée, de Chine du nord-est et de Sibérie orientale. Son nom de genre Panax vient du grec pan (tout) et akos (remède), tandis que ginseng dérive du chinois "rén shēn" (人参), signifiant "racine d'homme" en référence à sa forme parfois anthropomorphe. La racine est traditionnellement récoltée après 6 années de culture. Elle contient des composés caractéristiques appelés ginsénosides, dont plus de 40 ont été identifiés. Le "ginseng rouge" désigne une racine qui a été cuite à la vapeur puis séchée, ce qui modifie sa composition.
Définition d'une plante "adaptogène"
Le terme "adaptogène" est un concept de phytothérapie traditionnelle, introduit en 1947 par le pharmacologue soviétique Nikolaï Lazarev. Il regroupe des plantes traditionnellement décrites pour leurs propriétés d'"adaptation". Ce terme n'est pas reconnu comme une catégorie réglementaire par les autorités européennes de sécurité sanitaire (EFSA), et aucune allégation santé n'est associée au terme "adaptogène" dans le règlement CE n°1924/2006. Il s'agit d'une notion historique et traditionnelle, à valeur descriptive.
D'autres plantes traditionnellement présentes
D'autres plantes issues de différentes pharmacopées traditionnelles complètent les catalogues de cette catégorie.
L'igname sauvage ou Yam (Dioscorea villosa)
Plante grimpante vivace de la famille des Dioscoréacées, originaire des forêts humides d'Amérique du Nord et d'Amérique centrale. Son rhizome contient un composé appelé diosgénine, une saponine stéroïdique identifiée en 1936 par le chimiste japonais Tsutomu Tsukamoto. La diosgénine a joué un rôle historique majeur en chimie : elle a servi de précurseur de synthèse pour la fabrication industrielle des premiers contraceptifs oraux dans les années 1950, par le chimiste américain Russell Marker. Cet usage industriel ne doit pas être confondu avec la consommation alimentaire de la plante, qui contient la diosgénine sous une forme non bio-convertible par l'organisme humain.
Le tribulus (Tribulus terrestris)
Plante herbacée de la famille des Zygophyllacées, présente dans les régions chaudes et arides d'Europe du Sud, d'Asie et d'Afrique. Son nom vient du latin tribulus, désignant un objet à trois pointes, en référence à la forme caractéristique de ses fruits épineux (qui s'accrochent aux semelles et aux sabots). Elle est traditionnellement utilisée en médecine ayurvédique sous le nom de "gokshura" et en médecine chinoise sous le nom de "bai ji li". Ses fruits contiennent des saponines stéroïdiques (protodioscine notamment).
Le muira puama (Ptychopetalum olacoides)
Arbuste de la famille des Olacacées, originaire de la forêt amazonienne brésilienne. Son nom muira puama vient de la langue tupi et se traduit approximativement par "bois fort". Ce sont l'écorce et la racine qui sont traditionnellement utilisées par les peuples amazoniens, sous forme de décoction. L'écorce contient des esters d'acides gras à longue chaîne, des stérols, des alcaloïdes (muirapuamine) et des composés aromatiques. La plante a été introduite en Europe à la fin du XIXe siècle, et figure dans certaines pharmacopées sous l'appellation "bois bandé" — désignation aussi utilisée pour d'autres espèces botaniques différentes (notamment Richeria grandis des Antilles).
La damiana (Turnera diffusa)
Arbuste de la famille des Passifloracées, originaire des régions semi-arides du Mexique, des Caraïbes et d'Amérique centrale. Ses feuilles aromatiques sont traditionnellement utilisées par les peuples mésoaméricains (notamment les Mayas et les Aztèques). Elles contiennent des huiles essentielles (jusqu'à 1%), des flavonoïdes, et des composés cyanogénétiques en faible quantité. La damiana est inscrite à la Pharmacopée française et figure parmi les plantes médicinales autorisées à la vente hors monopole pharmaceutique (annexe du décret n°2008-841).
L'açaï (Euterpe oleracea)
Palmier de la famille des Arécacées, originaire des zones inondables de la forêt amazonienne (Brésil, Pérou, Colombie). Son fruit, une baie violet foncé d'environ 1 cm, est traditionnellement consommé par les populations indigènes amazoniennes sous forme de pulpe. Il contient des anthocyanes (pigments responsables de sa couleur sombre), des polyphénols, des acides gras (acide oléique et linoléique) et des fibres. Le terme "açaï" vient de la langue tupi içá-çai, signifiant "fruit qui pleure".
Les soins externes : composition et principes
Notre sélection comprend également des soins externes destinés au confort des muqueuses : gels intimes, baumes, lubrifiants. Voici quelques informations sur leur composition.
Lubrifiants à base d'eau
Les lubrifiants à base d'eau ont pour ingrédient principal de l'eau purifiée, associée à des agents épaississants (gommes naturelles comme la gomme de xanthane, la gomme de guar, ou polymères synthétiques), des conservateurs, et parfois des humectants (glycérine). Ils sont compatibles avec tous les types de préservatifs (latex et polyuréthane) et avec les dispositifs médicaux en silicone. Leur texture est proche de la lubrification physiologique. Ils peuvent toutefois s'évaporer plus rapidement que les autres types de lubrifiants.
Lubrifiants à base d'huile
Les lubrifiants à base d'huile sont composés d'huiles végétales (huile de coco, d'amande douce, de jojoba, de tournesol) ou de beurres végétaux (beurre de karité, de cacao). Leur texture est plus riche et plus durable. Important : ils ne sont pas compatibles avec les préservatifs en latex, qu'ils peuvent fragiliser. Ils doivent donc être réservés à un usage sans préservatif, ou utilisés avec des préservatifs en polyuréthane (compatibles avec les corps gras).
L'argent colloïdal en application externe
L'argent colloïdal est une dispersion de particules d'argent dans un liquide aqueux. Sa concentration est exprimée en ppm (parties par million), équivalant à des milligrammes par litre. L'argent est connu depuis l'Antiquité pour la conservation de l'eau et des aliments (les anciens Romains stockaient leurs liquides dans des récipients en argent). L'usage de l'argent colloïdal en France relève de la cosmétique externe ; il n'est pas autorisé en complément alimentaire à usage interne. Le règlement européen précise les concentrations et applications autorisées.
L'acide hyaluronique en cosmétique
L'acide hyaluronique est un glycosaminoglycane naturellement présent dans l'organisme humain, où il joue un rôle structurel dans les tissus conjonctifs et les muqueuses. Il a été isolé pour la première fois en 1934 par les biochimistes Karl Meyer et John Palmer, à partir d'humeur vitrée bovine (d'où son nom, du grec hyalos, "verre"). En cosmétique, il est utilisé pour ses propriétés hydratantes : une molécule d'acide hyaluronique peut retenir jusqu'à 1 000 fois son poids en eau. L'acide hyaluronique cosmétique est aujourd'hui obtenu par fermentation bactérienne (souche de Streptococcus zooepidemicus), procédé mis au point dans les années 1980.
Questions fréquentes
Quelles allégations santé sont autorisées pour les compléments alimentaires en Europe ?
Le règlement européen CE n°1924/2006 encadre strictement les allégations nutritionnelles et de santé portées sur les produits alimentaires, dont les compléments alimentaires. Les seules allégations autorisées sont celles qui ont été évaluées et validées par l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Aucune autre formulation suggérant un effet sur une fonction physiologique ne peut être employée. Pour les plantes et extraits végétaux, la procédure d'évaluation européenne est encore largement "on hold" (suspendue) depuis 2010, ce qui explique l'absence d'allégations pour la plupart des plantes.
Allégations EFSA disponibles pour certains nutriments associés
Plusieurs vitamines et minéraux disposent d'allégations validées par l'EFSA, dont notamment : "La vitamine B6 contribue à réguler l'activité hormonale", "Le zinc contribue à une fertilité et une reproduction normales", "Le fer contribue à réduire la fatigue", "Le magnésium contribue à des fonctions psychologiques normales", "La vitamine C contribue à réduire la fatigue". Ces allégations doivent être employées dans leur formulation exacte. Aucune allégation santé n'existe pour les notions de "désir", "libido" ou "sexualité".
Qu'est-ce que le pH vaginal et pourquoi est-il acide ?
Le pH (potentiel hydrogène) est une mesure de l'acidité, sur une échelle de 0 (très acide) à 14 (très basique), 7 étant le neutre. Le pH vaginal de la femme en âge de procréer est naturellement compris entre 3,8 et 4,5, soit nettement acide. Cette acidité est produite par les bactéries lactiques (lactobacilles) qui fermentent le glycogène cellulaire en acide lactique. Le pH varie naturellement au cours de la vie : il est plus neutre avant la puberté et après la ménopause, ce qui correspond à des modifications normales de la flore vaginale.
Lubrifiant à base d'eau ou d'huile : quelle différence ?
La distinction principale concerne la compatibilité avec les préservatifs en latex : les lubrifiants à base d'eau sont compatibles, les lubrifiants à base d'huile ne le sont pas (ils fragilisent le latex). Les premiers ont une texture aqueuse, plus proche de la lubrification physiologique, mais peuvent s'évaporer plus rapidement. Les seconds ont une texture plus riche et plus persistante, mais doivent être réservés à un usage sans préservatif ou avec des préservatifs en polyuréthane.
Origine du nom "bois bandé"
Le terme "bois bandé" est une appellation vernaculaire qui peut désigner plusieurs espèces botaniques différentes selon les régions : aux Antilles françaises, il désigne principalement Richeria grandis (Phyllanthacées), arbre des forêts antillaises dont l'écorce est traditionnellement utilisée en décoction ; en Amazonie, le terme est également employé pour Ptychopetalum olacoides (muira puama). Ces deux espèces sont botaniquement très différentes et ne contiennent pas les mêmes composés. L'attribution d'effets traditionnels à ces plantes ne constitue pas une allégation santé reconnue par les autorités européennes.
Quelles plantes sont inscrites à la Pharmacopée française ?
La Pharmacopée française est un recueil officiel qui décrit les matières premières d'origine végétale, animale, minérale et chimique utilisées dans la fabrication de médicaments. Elle est publiée par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Plusieurs plantes citées plus haut y sont inscrites : damiana, maca, ginseng, schizandra, tribulus, muira puama. Le décret n°2008-841 du 22 août 2008 fixe la liste des 148 plantes médicinales autorisées à la vente hors monopole pharmaceutique en France.
Précautions et avis médical
L'avis d'un professionnel de santé est recommandé pour : grossesse, allaitement, enfants et adolescents de moins de 18 ans, personnes sous traitement médical (plusieurs plantes décrites peuvent interagir avec des traitements), personnes allergiques aux plantes citées ou à leur famille botanique. Les soins externes (lubrifiants, gels, baumes) ne doivent pas être appliqués sur une muqueuse irritée, lésée ou présentant des signes inhabituels ; en cas de doute ou de gêne persistante, la consultation d'un médecin ou d'une sage-femme est recommandée. Cette précaution s'applique à tous les compléments alimentaires et soins.