Que sont les PFAS ?

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PFAS : ce que l'on sait sur les "polluants éternels" et ce que la réglementation prévoit

Présents depuis des décennies dans nos vêtements, emballages et ustensiles, les PFAS font l'objet d'une surveillance scientifique et réglementaire croissante. Définition, sources d'exposition, données sanitaires et état de la réglementation en 2025-2026.

Sources : Cet article s'appuie sur les données de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), de l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), de l'ECHA (Agence européenne des produits chimiques), de la loi française n°2025-188 du 27 février 2025, et du plan d'action interministériel français sur les PFAS (avril 2024). Il est purement informatif.

Vous les utilisez probablement sans le savoir. Dans certains textiles techniques, des emballages alimentaires, des ustensiles de cuisine antiadhésifs ou des produits imperméabilisants, une grande famille de composés chimiques s'est installée depuis les années 1950 : les PFAS. Ce sont leurs propriétés remarquables — repousser l'eau, les graisses et la chaleur — qui en ont fait des ingrédients prisés dans de très nombreux produits industriels et domestiques.

Mais ces mêmes propriétés sont à l'origine du problème : les PFAS se dégradent très lentement dans l'environnement et s'accumulent dans les organismes vivants. D'où leur surnom de "polluants éternels". Depuis 2020, la surveillance réglementaire s'est considérablement renforcée en Europe et en France. Ce guide fait le point sur ce que la science sait aujourd'hui et sur les évolutions législatives récentes.

Dans cet article

1. Que sont les PFAS ?
2. Où les trouve-t-on ?
3. Comment sommes-nous exposés ?
4. Ce que disent les études scientifiques
5. La réglementation en France et en Europe (2020-2026)
6. Comment limiter son exposition au quotidien
7. Questions fréquentes

1. Que sont les PFAS ?

Les PFAS — substances per- et polyfluoroalkylées — désignent une très vaste famille de plusieurs milliers de composés chimiques de synthèse. Ils ont en commun une liaison carbone-fluor particulièrement stable, parmi les plus solides de la chimie organique. C'est précisément cette solidité qui leur confère leurs propriétés remarquables : résistance à l'eau, aux graisses, à la chaleur et à la corrosion.

Utilisés depuis les années 1950 dans une multitude d'applications, ils constituent une famille extrêmement diverse. Toutes les molécules PFAS n'ont pas le même profil toxicologique ni la même persistance dans l'environnement — la recherche les évalue progressivement groupe par groupe.

Le qualificatif de "polluants éternels" vient de leur très faible biodégradabilité : une fois libérés dans l'environnement, la grande majorité des PFAS ne se décompose pas naturellement, ou très lentement. Ils persistent ainsi durablement dans les sols, les eaux souterraines, les eaux de surface et les organismes vivants.

2. Où les trouve-t-on ?

Les PFAS sont présents dans un grand nombre de produits de la vie courante et de procédés industriels :

Produits de consommation

Textiles imperméabilisés (vêtements de pluie, tentes, chaussures) et traitements imperméabilisants en spray
Ustensiles de cuisine antiadhésifs (poêles, casseroles avec revêtement PTFE/Téflon)
Emballages alimentaires résistants aux graisses (certains emballages de fast-food, sachets de pop-corn)
Certains cosmétiques (produits de maquillage longue tenue, crèmes solaires) et produits de fartage des skis

Usages industriels

Mousses anti-incendie (aéroports, industries)
Industrie chimique, électronique et textile
Traitements de surface dans l'aéronautique et l'automobile

3. Comment sommes-nous exposés ?

Avec le temps, les PFAS libérés dans l'environnement — par les rejets industriels, le lavage des textiles, la dégradation des produits — ont progressivement contaminé les sols, les eaux souterraines et les eaux de surface. Ils ont pénétré la chaîne alimentaire. Des traces de PFAS sont désormais détectées dans l'organisme humain — dans le sang, le sérum, l'urine et les cheveux de nombreuses personnes.

Selon l'Anses et l'EFSA, les principales voies d'exposition de la population générale sont :

L'alimentation — les produits de la mer (poissons, mollusques, crustacés), les œufs et les viandes sont les aliments contribuant le plus à l'exposition au PFOS et au PFOA selon l'EFSA (2020)
L'eau de boisson — une campagne nationale de mesure menée par l'Anses (2023-2025) a révélé la présence de TFA dans 92 % des échantillons d'eau brute et d'eau du robinet analysés sur tout le territoire
L'air intérieur et extérieur — poussières domestiques et air ambiant à proximité de sites industriels
Les produits de consommation — contact direct avec certains textiles, ustensiles ou cosmétiques contenant des PFAS

Les niveaux d'exposition varient significativement selon les contextes géographiques (proximité de sites industriels ou agricoles contaminés), les habitudes alimentaires et les usages de produits. Les travailleurs de sites de fabrication de PFAS présentent les niveaux d'imprégnation les plus élevés.

4. Ce que disent les études scientifiques

La recherche sur les PFAS progresse rapidement, mais reste hétérogène : les milliers de molécules qui composent cette famille n'ont pas toutes été évaluées, et les résultats varient selon les molécules, les doses et les populations étudiées. Il convient donc d'être prudent dans les interprétations.

Les données les plus solides

Certaines molécules spécifiques ont fait l'objet d'évaluations approfondies. L'acide perfluorooctanoïque (PFOA) a été classé cancérogène pour l'humain par des organismes spécialisés, ce qui a contribué à son interdiction. L'EFSA a établi en 2020 une dose hebdomadaire tolérable (DHT) pour les quatre PFAS les plus préoccupants (PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS) de 4,4 nanogrammes par kilogramme de poids corporel par semaine — un seuil qui peut être dépassé dans la population européenne. L'effet le plus critique identifié est l'impact sur la réponse immunitaire à la vaccination.

Les pistes étudiées

Plusieurs travaux explorent des interactions possibles avec certains mécanismes hormonaux (effets perturbateurs endocriniens potentiels), des effets sur le métabolisme ou le système immunitaire, et des associations avec certaines pathologies dans des contextes d'exposition élevée. Ces résultats sont encore variables selon les études et méritent une interprétation prudente. La recherche est active : l'EFSA a tenu en novembre 2025 un atelier dédié aux avancées de l'évaluation des risques liés aux PFAS et travaille actuellement sur le TFA (acide trifluoroacétique), le PFAS de loin le plus répandu dans l'eau, dont les résultats sont attendus pour juillet 2026.

5. La réglementation en France et en Europe (2020-2026)

La réglementation autour des PFAS s'est considérablement intensifiée depuis 2020, aussi bien au niveau européen qu'en France. En voici les grandes étapes récentes :

Au niveau européen

2020 : directive européenne sur la qualité de l'eau potable — limite fixée à 0,10 µg/L pour la somme de 20 PFAS dans l'eau de boisson, applicable progressivement
2023 : règlement européen interdisant la mise en vente de certaines denrées alimentaires d'origine animale dépassant des seuils de contamination aux PFAS
Septembre 2024 : la Commission européenne interdit via REACH la vente et l'utilisation du PFHxA dans les textiles grand public, les emballages alimentaires, les sprays imperméabilisants et les cosmétiques
Août 2026 : interdiction des PFAS dans les emballages alimentaires dans l'UE (règlement européen sur les emballages du 19 décembre 2024)
En cours : proposition de restriction globale des PFAS déposée par 5 pays (Allemagne, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Suède) dans le cadre du règlement REACH — procédure européenne en cours

En France — loi du 27 février 2025

La France a adopté la loi n°2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS. Elle va plus loin que la réglementation européenne sur plusieurs points :

Depuis le 1er janvier 2026 : interdiction de fabrication, importation, exportation et mise sur le marché de cosmétiques, vêtements, chaussures et leurs imperméabilisants, et produits de fartage des skis contenant des PFAS
À partir de 2030 : extension de l'interdiction à tous les textiles (ameublement, etc.), sauf exceptions pour les textiles techniques industriels et les équipements de protection des militaires et pompiers
Contrôle de l'eau potable : obligation de surveillance des PFAS dans l'eau potable — liste des substances à contrôler définie par décret (décret du 24 décembre 2025)
Principe pollueur-payeur : les industriels émetteurs de PFAS dans les rejets aqueux paient une redevance de 100 € pour 100 g de PFAS rejetés dans l'eau
Objectif de réduction : -70 % des rejets aqueux industriels de PFAS d'ici 2028, avec l'objectif de tendre vers zéro émission en 2030

6. Comment limiter son exposition au quotidien

La réduction de l'exposition aux PFAS est avant tout un enjeu réglementaire et industriel, sur lequel les individus ont peu de prise directe. Mais certains gestes pratiques peuvent contribuer à limiter l'exposition personnelle :

Ustensiles de cuisine et traitement de l'eau : préférer la fonte, l'inox ou la céramique non revêtue. Si vous utilisez des ustensiles antiadhésifs (Téflon), les remplacer dès qu'ils sont rayés ou endommagés, et éviter les hautes températures
Emballages alimentaires : limiter les emballages de fast-food et plats à emporter, notamment les sachets de pop-corn micro-ondes ; privilégier les contenants en verre ou en inox
Textiles : les vêtements et chaussures traités aux PFAS sont interdits depuis le 1er janvier 2026 en France — les nouveaux produits mis sur le marché ne devraient plus en contenir (hors exceptions)
Cosmétiques : depuis le 1er janvier 2026, les cosmétiques contenant des PFAS sont interdits en France. Vérifier les étiquettes des produits achetés à l'étranger
Rester informé : suivre les recommandations des autorités sanitaires (Anses, ARS) notamment sur la qualité de l'eau potable dans sa région, en particulier à proximité de zones industrielles ou agricoles contaminées

7. Questions fréquentes

Que signifie PFAS ?

PFAS est l'abréviation de "substances per- et polyfluoroalkylées". Il s'agit d'une famille de plusieurs milliers de composés chimiques de synthèse, utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur depuis les années 1950.

Pourquoi les appelle-t-on "polluants éternels" ?

Parce que ces substances se dégradent très lentement dans l'environnement. Une fois libérés, ils persistent durablement dans les sols, l'eau et les organismes vivants. Certains PFAS interdits il y a plusieurs années — comme le PFOS (depuis 2009) et le PFOA (depuis 2020) — sont encore fréquemment mesurés dans l'environnement.

Sommes-nous tous exposés aux PFAS ?

Des traces peuvent être détectées chez de nombreuses personnes, principalement via l'alimentation et l'eau de boisson. Les niveaux d'exposition varient selon les contextes géographiques (proximité de sites industriels), les habitudes alimentaires et les usages de produits. La détection de traces dans l'organisme ne signifie pas nécessairement un effet direct pour chaque individu.

Les PFAS sont-ils tous dangereux ?

La famille des PFAS regroupe plusieurs milliers de molécules aux profils toxicologiques très différents. Certaines — comme le PFOA et le PFOS — ont été très étudiées et font l'objet d'interdictions. Pour la plupart des autres, la recherche est encore en cours. Il serait inexact de les traiter toutes de façon identique.

La France interdit-elle les PFAS dans les cosmétiques ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2026, la loi française du 27 février 2025 interdit les cosmétiques, les vêtements, les chaussures et les produits de fartage des skis contenant des PFAS. Cette mesure est l'une des plus avancées en Europe sur ce sujet.

L'essentiel à retenir

Les PFAS sont une vaste famille de composés chimiques présents dans de nombreux produits depuis les années 1950. Leur extrême persistance dans l'environnement justifie leur surnom de "polluants éternels". La recherche confirme des effets préoccupants pour certaines molécules spécifiques — notamment sur la réponse immunitaire — sans qu'il soit possible d'extrapoler ces résultats à l'ensemble de la famille. La réglementation s'est considérablement renforcée : en France, la loi du 27 février 2025 a interdit les PFAS dans les cosmétiques, vêtements et chaussures depuis le 1er janvier 2026 et fixe des objectifs de réduction des rejets industriels. Au niveau européen, plusieurs groupes de PFAS sont progressivement restreints ou interdits. La surveillance de l'eau potable est renforcée. Les connaissances scientifiques continuent d'évoluer rapidement.

Sources : Anses, EFSA, ECHA, loi n°2025-188 du 27 février 2025, plan d'action interministériel PFAS (avril 2024). Cet article est purement informatif.

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