Comment soulager les douleurs liées à l'arthrose ?

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Comprendre son corps

Arthrose, arthrite, polyarthrite : comment s'y retrouver

Le mot « rhumatisme » ne désigne pas une maladie mais une famille entière. Le critère qui permet de s'orienter n'est pas celui qu'on croit.

« Rhumatisme » recouvre des maladies dont les causes, les évolutions et les prises en charge n'ont presque rien en commun. Le critère le plus utile pour s'orienter n'est ni l'âge, ni l'articulation concernée, mais l'horaire de la douleur. Une douleur qui augmente à l'effort et se calme au repos oriente vers un rhumatisme mécanique, dont l'arthrose est de loin le plus fréquent avec 10 millions de personnes concernées en France selon l'Inserm. Une douleur qui réveille en deuxième partie de nuit, s'accompagne d'une raideur matinale prolongée et s'améliore quand on bouge oriente vers un rhumatisme inflammatoire — polyarthrite rhumatoïde, spondyloarthrite — qui relève d'un avis spécialisé. Cet article explique cette distinction et ce que recouvrent ces différents termes.

Que désigne réellement le mot « rhumatisme » ?

Une famille de maladies, pas un diagnostic.

Le terme regroupe l'ensemble des affections touchant les articulations, les os et les tissus qui les entourent. Il y a là des maladies dégénératives et des maladies auto-immunes, des affections bénignes et d'autres potentiellement invalidantes, des situations qui se gèrent avec son médecin traitant et d'autres qui demandent un rhumatologue. Dire « j'ai des rhumatismes » ne renseigne donc sur presque rien.

On distingue schématiquement trois grands ensembles. Les rhumatismes mécaniques, liés à une atteinte des structures de l'articulation, dont l'arthrose est le principal représentant. Les rhumatismes inflammatoires chroniques, où le système immunitaire est en cause : polyarthrite rhumatoïde, spondyloarthrites, rhumatisme psoriasique. Et les rhumatismes microcristallins, liés à des dépôts de cristaux dans l'articulation, comme la goutte ou la chondrocalcinose.

Le critère qui oriente tout : l'horaire de la douleur

C'est la première question que pose un médecin, et c'est celle qui sépare les deux grandes familles.

Le Collège français des enseignants en rhumatologie résume ainsi la distinction entre horaire mécanique et horaire inflammatoire. Deux paramètres comptent particulièrement : le comportement de la douleur face au mouvement, et la durée du dérouillage matinal — le temps nécessaire pour que la raideur se dissipe au réveil.

 Horaire mécaniqueHoraire inflammatoire
EffortAggrave la douleurAméliore la douleur
ReposCalme la douleurNe la calme pas
Moment du picFin de journéeMatin
NuitPas de réveil, sauf changement de positionRéveils, surtout en deuxième partie de nuit
Dérouillage matinalBref, de l'ordre du quart d'heureProlongé, au-delà de la demi-heure

Source : Collège français des enseignants en rhumatologie. Les seuils exacts de dérouillage varient selon les publications, il faut les lire comme des ordres de grandeur et non comme des couperets.

Un piège fréquent

On croit souvent qu'une amélioration sous anti-inflammatoire signe une origine inflammatoire. Le COFER précise que la sensibilité aux anti-inflammatoires et aux corticoïdes ne permet pas de faire la différence. Ce raccourci conduit à des auto-conclusions erronées.

L'arthrose, chef de file des rhumatismes mécaniques

C'est la maladie articulaire la plus répandue, et celle sur laquelle circulent le plus d'approximations.

Elle touche 10 millions de personnes en France selon l'Inserm, dont 65 % des plus de 65 ans. Sa douleur est d'horaire mécanique, ce qui la place dans la première colonne du tableau ci-dessus. Elle n'est pas classée parmi les rhumatismes inflammatoires chroniques — même si des phénomènes inflammatoires locaux interviennent, notamment lors des crises douloureuses, et jouent un rôle dans la dégradation du cartilage.

Ce n'est pas non plus une simple usure : l'Inserm décrit une maladie qui implique tous les tissus de l'articulation, cartilage, membrane synoviale et os sous-chondral. Nous détaillons ces mécanismes dans un article dédié.

Arthrite et arthrose : pourquoi la confusion ?

Parce que les deux mots se ressemblent et désignent des choses différentes.

« Arthrite » signifie inflammation d'une articulation. Ce n'est pas une maladie précise mais un constat clinique : l'articulation est gonflée, chaude, douloureuse au repos. Une arthrite peut être d'origine auto-immune, microcristalline, infectieuse ou réactionnelle. Le suffixe indique donc un état inflammatoire, là où le suffixe d'arthrose renvoie à une altération de structure.

Conséquence pratique : une personne peut avoir de l'arthrose sans jamais avoir d'arthrite, et inversement. Les deux peuvent aussi coexister.

La polyarthrite rhumatoïde

Le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques de l'adulte.

C'est une maladie auto-immune : le système immunitaire s'attaque aux tissus de l'organisme. L'Inserm indique qu'elle touche entre 0,5 et 1 % de la population adulte, qu'elle apparaît généralement entre 30 et 50 ans avec un pic autour de 45 ans, et qu'elle est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes — une différence probablement liée en partie à l'effet des œstrogènes sur la fonction immunitaire.

Le mécanisme central est une inflammation de la membrane synoviale, que l'on appelle synovite. L'Inserm précise un point qui explique les retards de diagnostic : la maladie débute des années avant l'apparition des symptômes.

Il s'agit d'une maladie systémique, dont le retentissement ne se limite pas aux articulations. Sa prise en charge relève du rhumatologue et repose sur des traitements de fond spécifiques, dont l'arrivée a modifié en profondeur le pronostic au cours des vingt dernières années.

Les spondyloarthrites

L'autre grande famille inflammatoire, souvent découverte tardivement parce qu'elle commence par un mal de dos.

L'Inserm les décrit comme caractérisées par des douleurs chroniques au niveau des articulations situées entre l'extrémité de la colonne vertébrale et le bassin — les articulations sacro-iliaques — ainsi que des articulations lombaires, douleurs qui s'étendent progressivement à l'ensemble du rachis. La spondylarthrite ankylosante en est la forme la plus connue.

C'est ici que le tableau des horaires prend toute son importance. Un mal de dos qui réveille la nuit et s'accompagne d'un dérouillage matinal prolongé ne se comporte pas comme une lombalgie commune. Chez un adulte jeune, ce profil justifie d'en parler à son médecin plutôt que d'attendre.

Le gène HLA-B27, et ce qu'il ne dit pas

L'antigène HLA-B27 est fortement associé à ces maladies, au point de figurer parmi les associations les plus fortes connues entre un marqueur génétique et une pathologie. Mais il n'est ni nécessaire ni suffisant. Le COFER souligne l'écart décisif : 6 à 8 % de la population générale caucasienne porte cet antigène, alors que la prévalence des spondyloarthrites ne dépasse pas 1 %. L'immense majorité des porteurs ne développera donc jamais la maladie. Ce test aide au diagnostic dans un contexte clinique évocateur ; il ne le pose pas.

Pourquoi le diagnostic ne s'improvise pas

Parce que les tableaux se ressemblent en surface et que la conduite à tenir diffère radicalement.

Un même symptôme — un genou douloureux, des doigts raides le matin, un dos qui fait souffrir — peut relever d'une maladie mécanique bénigne ou d'une maladie inflammatoire nécessitant un traitement de fond. Seul un médecin peut trancher, au moyen d'un interrogatoire précis, d'un examen clinique, et si nécessaire d'analyses biologiques et d'examens d'imagerie.

Le tableau des horaires n'a pas vocation à vous permettre de conclure. Il a vocation à vous aider à décrire ce que vous ressentez, ce qui est différent — et souvent bien plus utile en consultation qu'un nom de maladie ramené d'internet.

Certains éléments justifient de consulter sans tarder : une articulation rouge, chaude et gonflée, une fièvre associée à des douleurs articulaires, une raideur matinale qui se prolonge chaque jour, des réveils nocturnes réguliers liés à la douleur.

Questions fréquentes

Les confusions les plus courantes, en bref.

Quelle différence entre arthrose et arthrite ?
« Arthrite » désigne l'inflammation d'une articulation, un constat clinique qui peut avoir plusieurs origines. L'arthrose désigne une maladie qui altère l'ensemble des tissus de l'articulation, et dont la douleur est d'horaire mécanique. Les deux peuvent coexister.
Comment savoir si ma douleur est inflammatoire ?
Trois indices orientent : la douleur vous réveille en deuxième partie de nuit, la raideur du matin dure plus d'une demi-heure, et bouger vous soulage au lieu d'aggraver. Ces éléments orientent, ils ne concluent pas : c'est au médecin de faire la différence.
Si un anti-inflammatoire me soulage, est-ce que c'est inflammatoire ?
Non. Le COFER indique que la sensibilité aux anti-inflammatoires et aux corticoïdes ne permet pas de distinguer une douleur mécanique d'une douleur inflammatoire. C'est une erreur de raisonnement fréquente.
La polyarthrite rhumatoïde touche-t-elle surtout les personnes âgées ?
Non. Selon l'Inserm, elle apparaît généralement entre 30 et 50 ans, avec un pic autour de 45 ans, et elle est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes.
Être porteur du HLA-B27 signifie-t-il qu'on développera une spondyloarthrite ?
Non. Cet antigène est porté par 6 à 8 % de la population générale caucasienne, alors que la prévalence des spondyloarthrites ne dépasse pas 1 %. La grande majorité des porteurs ne développera jamais la maladie.
Un mal de dos peut-il être un rhumatisme inflammatoire ?
Oui. Les spondyloarthrites débutent souvent par des douleurs lombaires et sacro-iliaques. Un mal de dos qui réveille la nuit et s'accompagne d'une raideur matinale prolongée, en particulier chez un adulte jeune, mérite un avis médical.

Prenez soin de vous.

L'équipe Biocenter

Information importante

Cet article est un contenu d'information générale. Il ne constitue pas un avis médical et ne permet en aucun cas d'établir un diagnostic : les éléments présentés servent à mieux décrire ses symptômes, pas à les interpréter soi-même. Les données citées proviennent de l'Inserm et du Collège français des enseignants en rhumatologie. Toute douleur articulaire persistante, tout réveil nocturne douloureux ou toute raideur matinale prolongée doit faire l'objet d'une consultation. Ne modifiez jamais un traitement en cours sans avis médical.

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