Retrouver un rythme à la rentrée
Guide de rentrée
Réussir sa rentrée : retrouver un rythme sans s'épuiser
Le réveil sonne plus tôt, les listes s'allongent, et l'énergie de l'été semble s'être volatilisée en trois jours. Voici ce que disent réellement les données officielles sur le sommeil, l'alimentation, le mouvement et l'organisation de septembre.
Réussir sa rentrée ne se joue pas sur la motivation, mais sur trois leviers concrets : recaler l'horloge biologique, remettre du mouvement dans la journée et réduire le nombre de décisions à prendre chaque matin. Le sommeil passe en premier, parce qu'il conditionne tout le reste : en France, les adultes dorment en moyenne 6 h 42 en semaine, soit sous le seuil des sept heures généralement recommandées, et plus d'un tiers des 18-75 ans dorment moins de six heures par nuit (Santé publique France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire). Le deuxième levier est encore plus simple : l'Anses a montré en 2025 que marcher cinq minutes toutes les trente minutes améliore l'attention, le temps de réaction, l'humeur, et diminue la sensation de fatigue. Le troisième relève de l'organisation domestique et professionnelle, pas de la volonté. Cet article détaille les repères officiels, dans l'ordre où il est le plus efficace de les appliquer.
Dans cet article
→ Pourquoi la rentrée fatigue-t-elle autant, même après des vacances ?
→ De combien de sommeil avez-vous réellement besoin ?
→ Comment recaler son horloge biologique en une semaine ?
→ La sieste est-elle une bonne idée ou une fausse bonne idée ?
→ Comment remettre les enfants dans le rythme sans y passer ses soirées ?
→ Que faut-il vraiment changer dans son assiette ?
→ Café, thé, boissons énergisantes : où est la limite ?
→ Comment rebouger sans se lancer dans un programme intenable ?
→ Comment alléger la charge mentale de septembre ?
→ Compléments alimentaires : comment lire une étiquette
Pourquoi la rentrée fatigue-t-elle autant, même après des vacances ?
Parce que la rentrée ne demande pas seulement de reprendre le travail : elle demande de déplacer une horloge interne qui a pris ses aises pendant six semaines.
L'organisme fonctionne sur un rythme circadien, c'est-à-dire un cycle proche de vingt-quatre heures qui synchronise le sommeil, la vigilance, la température corporelle et la production de plusieurs hormones. L'Inserm rappelle que ce rythme est piloté par une horloge centrale située dans le cerveau, elle-même recalée chaque jour par des signaux extérieurs : la lumière en premier lieu, mais aussi l'activité physique et les horaires de repas. Pendant les vacances, ces signaux se décalent. On se couche plus tard, on se lève plus tard, on mange à des heures flottantes. L'horloge suit.
Le premier lundi de septembre, l'agenda avance d'un coup d'une heure ou deux. L'horloge, elle, ne suit pas au même rythme. C'est ce décalage entre l'heure sociale et l'heure biologique qui produit cette sensation particulière : être debout sans être réveillé, tenir la journée en pilote automatique, et s'écrouler à 21 heures sans réussir à s'endormir pour autant.
Une dette de sommeil déjà installée avant la rentrée
Le décalage estival s'ajoute à un déficit chronique. D'après les données du baromètre de Santé publique France reprises par l'Inserm, le temps de sommeil moyen des adultes est de 6 h 42 les jours travaillés et de 7 h 26 les jours de repos. Cet écart d'environ quarante-cinq minutes le week-end est un indicateur : il signale que la semaine ne couvre pas le besoin réel. Plus d'un tiers des 18-75 ans dorment moins de six heures par nuit, et environ 28 % sont en dette de sommeil, c'est-à-dire qu'ils dorment au moins une heure de moins que leur besoin physiologique.
Autrement dit, beaucoup de personnes n'abordent pas la rentrée reposées. Elles abordent la rentrée avec un solde négatif, auquel s'ajoute un décalage horaire domestique. Cela explique pourquoi la fatigue de septembre semble disproportionnée par rapport à l'effort fourni.
De combien de sommeil avez-vous réellement besoin ?
Il n'existe pas de durée universelle, et c'est la première chose à intégrer avant de fixer une heure de coucher.
L'Inserm indique que la quantité de sommeil nécessaire varie fortement d'une personne à l'autre, avec une part génétique réelle : petits dormeurs et gros dormeurs existent, comme les lève-tôt et les couche-tard. Le sommeil s'organise en trois à six cycles de soixante à cent vingt minutes, chacun composé de sommeil lent puis de sommeil paradoxal. La durée du sommeil lent profond reste relativement constante d'un individu à l'autre ; ce sont les phases de sommeil léger et de sommeil paradoxal qui varient.
Le bon indicateur n'est donc pas un chiffre, mais une observation : la durée qui vous permet d'être fonctionnel dans la journée sans coup de barre incontrôlable, et sans avoir besoin de récupérer une heure supplémentaire le week-end.
Les repères par âge
Pour les enfants et les adolescents, l'Assurance maladie publie des moyennes utiles pour construire une heure de coucher réaliste. Elles se lisent comme des ordres de grandeur, pas comme des normes.
| Âge | Temps de sommeil moyen par 24 heures |
| 0 à 6 mois | 16 à 17 heures |
| 3 ans | 13 heures |
| 6 ans | 12 heures |
| 12 ans | 9 heures |
| À partir de 20 ans | 8 heures |
Source : Assurance maladie (ameli.fr), mise à jour du 12 mars 2026. Entre 10 et 20 ans, le temps de sommeil se réduit progressivement d'environ deux heures par nuit, passant de neuf à sept heures.
La méthode la plus simple pour fixer un coucher consiste à partir de l'heure de lever imposée, à soustraire le besoin estimé, puis à ajouter le temps d'endormissement. Un adulte qui se lève à 6 h 45 et a besoin de huit heures vise une extinction des lumières autour de 22 h 15, pas un coucher à 22 h 15.
Comment recaler son horloge biologique en une semaine ?
En agissant sur le signal qui pilote réellement l'horloge : la lumière, et surtout la lumière du matin.
L'endormissement dépend en partie de la mélatonine, produite à l'obscurité par la glande pinéale. Sa synthèse est inhibée dès que les cellules de la rétine perçoivent la lumière. L'Inserm précise que des cellules rétiniennes spécifiques, dites à mélanopsine, servent avant tout à synchroniser le sommeil sur l'alternance jour-nuit, et que l'usage tardif d'écrans ou d'éclairages LED riches en lumière bleue les stimule et retarde l'endormissement.
Deux conséquences pratiques. La première : s'exposer à la lumière naturelle dès le lever avance l'horloge, ce qui ramène mécaniquement le besoin de sommeil plus tôt le soir. La seconde : réduire l'intensité lumineuse et les écrans en fin de soirée évite de repousser le signal. C'est le même levier, appliqué dans les deux sens.
Un décalage progressif plutôt qu'un saut
Une horloge se déplace par petites étapes. Avancer le lever et le coucher de quinze à vingt minutes tous les un ou deux jours est plus tenable qu'un changement d'une heure du jour au lendemain, et surtout plus efficace : un coucher avancé brutalement produit souvent une heure d'insomnie et un enfant, ou un adulte, qui associe son lit à la frustration.
| Jours | Ce sur quoi vous agissez |
| Jours 1 et 2 | Fixer l'heure de lever et ouvrir les volets immédiatement. Avancer le coucher de 15 à 20 minutes. |
| Jours 3 et 4 | Stabiliser les horaires des repas. Ajouter une sortie à la lumière du jour, même courte. |
| Jours 5 et 6 | Baisser les éclairages en soirée et arrêter les écrans une à deux heures avant le coucher. |
| Jour 7 | Conserver les horaires à l'identique, y compris le week-end si possible, et observer le temps d'endormissement. |
La régularité compte davantage que la perfection. Une horloge se recale par répétition, pas par intensité. Si la progression est plus lente que prévu, il vaut mieux tenir le même cadre quelques jours de plus que changer les règles chaque soir.
La sieste est-elle une bonne idée ou une fausse bonne idée ?
Les deux, selon sa durée et son horaire.
D'après l'enquête de l'Institut national du sommeil et de la vigilance citée par l'Inserm, environ 40 % des Français font au moins une sieste par semaine. Lorsque le besoin de sommeil nocturne n'est pas couvert, cette pratique apporte un gain réel de vigilance et de performance. Elle fait appel au sommeil lent léger, ce qui explique pourquoi une sieste courte est réparatrice sans provoquer la sensation de brouillard d'un réveil en pleine phase profonde.
La sieste type dure quinze à vingt minutes et se pratique plutôt en début d'après-midi, dans un endroit calme. Au-delà, ou trop tard dans la journée, elle pénalise l'endormissement du soir et entretient le décalage que l'on cherche justement à corriger. L'Inserm signale par ailleurs qu'elle est recommandée lors d'un trajet en voiture dès les premiers signes de baisse de vigilance du conducteur, ce qui reste vrai sur les routes de septembre comme sur celles d'août.
Comment remettre les enfants dans le rythme sans y passer ses soirées ?
En utilisant les mêmes leviers que pour un adulte, avec une nuance importante à l'adolescence.
Chez l'enfant, l'enjeu est réel : l'Assurance maladie rappelle que le sommeil est indispensable au développement et à la maturation du cerveau, qu'il régule les émotions, améliore la concentration et consolide les apprentissages. À court terme, un mauvais sommeil se traduit par de l'irritabilité, une somnolence dans la journée et des difficultés d'attention en classe. Ce ne sont pas des conséquences abstraites : ce sont exactement les symptômes que l'on attribue souvent, en septembre, à un manque de motivation.
Le cas particulier des adolescents
À l'adolescence, l'endormissement est physiologiquement plus tardif, en raison d'une sécrétion de mélatonine décalée. L'Assurance maladie note qu'il s'ensuit un coucher plus tardif, y compris les jours de collège ou de lycée, et un réveil spontanément plus tardif. Contraints de se lever tôt, les jeunes ne couvrent pas leur besoin et tentent de compenser le week-end, souvent au prix d'épisodes de somnolence en journée.
Ce n'est donc pas une question de discipline. Exiger d'un adolescent qu'il s'endorme à 21 h 30 revient à lui demander de contredire une horloge biologique. Ce qui fonctionne : reculer l'exposition aux écrans en soirée, avancer le lever week-end compris pour limiter le décalage, et accepter que le recalage prenne plusieurs semaines.
Pour les plus jeunes
La sieste de début d'après-midi reste nécessaire jusqu'à l'âge de deux à cinq ans selon les enfants. Elle ne doit pas être supprimée dans l'espoir d'obtenir un endormissement plus rapide le soir. En revanche, l'Assurance maladie indique que si le besoin d'une longue sieste quotidienne persiste après sept ans, cela peut signaler des nuits trop courtes : c'est un point à évoquer avec un professionnel de santé plutôt qu'à corriger seul.
Enfin, les repères du matin comptent autant que ceux du soir. Un ordre stable pour le lever, le petit-déjeuner, l'habillage et le départ participe au recalage de l'horloge au même titre que l'heure du coucher.
Que faut-il vraiment changer dans son assiette ?
Moins de choses qu'on ne l'imagine, et surtout pas tout en même temps.
Les repères du Programme national nutrition santé, publiés par Santé publique France, sont organisés en trois familles d'actions plutôt qu'en interdits. C'est une logique utile en septembre, parce qu'elle permet de choisir un seul changement et de le tenir, au lieu de refondre l'ensemble de ses habitudes une semaine avant de tout abandonner.
| Famille | Repères officiels |
| Augmenter | Fruits et légumes, légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches), fruits à coque non salés, fait maison |
| Aller vers | Féculents complets, poissons gras et maigres en alternance, huiles de colza, de noix et d'olive, produits de saison |
| Réduire | Alcool, boissons sucrées, produits gras, sucrés, salés et ultra-transformés, sel, charcuterie, viande |
Source : mangerbouger.fr, Santé publique France.
L'hydratation, souvent négligée en septembre
Quand les températures baissent, la sensation de soif diminue avant que les besoins ne diminuent. L'Autorité européenne de sécurité des aliments retient des apports hydriques totaux de référence d'environ 2 litres par jour pour une femme adulte et 2,5 litres pour un homme adulte, eau des aliments comprise. Une partie de ces apports vient donc de l'assiette : les fruits et légumes en fournissent une fraction non négligeable. L'Anses recommande de boire régulièrement tout au long de la journée, sans attendre la sensation de soif, en particulier chez les personnes âgées chez qui cette sensation s'émousse.
Ces valeurs sont des repères établis pour un climat tempéré et une activité physique modérée. Elles augmentent avec la chaleur, l'effort et certaines situations physiologiques.
Café, thé, boissons énergisantes : où est la limite ?
Une limite existe, elle est chiffrée, et elle est plus basse qu'on ne le croit sur la dose unique.
Dans son avis scientifique sur la sécurité de la caféine (EFSA Journal 2015), l'Autorité européenne de sécurité des aliments conclut que des apports allant jusqu'à 400 mg de caféine par jour, toutes sources confondues, ne soulèvent pas de problème de sécurité pour les adultes en bonne santé. Pour une prise unique, le seuil retenu est de 200 mg, soit environ 3 mg par kilo de poids corporel pour un adulte de 70 kg. Chez la femme enceinte ou allaitante, l'apport journalier retenu est de 200 mg. Pour les enfants et les adolescents, l'EFSA a jugé les données insuffisantes pour fixer un seuil, et propose de raisonner sur la base de 3 mg par kilo et par jour.
Le point le plus utile pour une rentrée concerne le sommeil, et il est souvent passé sous silence : l'EFSA note qu'une dose unique de 100 mg de caféine, soit environ un café filtre modeste, peut suffire à allonger le délai d'endormissement et à réduire le temps de sommeil chez certains adultes. Cette sensibilité varie beaucoup d'une personne à l'autre.
Le cercle à surveiller
Le mécanisme est mécanique : une nuit courte donne envie d'un café supplémentaire en fin de journée, ce café retarde l'endormissement, et la nuit suivante est plus courte encore. Sur une semaine de rentrée, ce cercle s'installe vite. Déplacer la dernière prise de caféine plus tôt dans l'après-midi est souvent l'ajustement le plus rentable, avant même de changer quoi que ce soit d'autre.
Attention enfin à l'addition : la caféine ne vient pas uniquement du café. Thé, sodas de type cola, boissons énergisantes, chocolat et certaines préparations contribuent au total journalier.
Comment rebouger sans se lancer dans un programme intenable ?
En commençant par la sédentarité, qui n'est pas le contraire de l'activité physique et se corrige beaucoup plus facilement.
La distinction est importante et souvent mal comprise. La sédentarité désigne le temps passé en position assise ou allongée en dehors du sommeil, avec des mouvements du corps réduits au minimum : travailler devant un écran, regarder la télévision, être passager dans un véhicule. On peut donc être sportif et très sédentaire. L'Anses souligne que les temps prolongés de sédentarité augmentent le risque de plusieurs maladies chroniques, et que plus de 37 % des adultes passent plus de huit heures par jour en position assise. En France, la moyenne est de sept heures assises par jour.
Cinq minutes toutes les trente minutes
C'est la recommandation issue de l'expertise publiée par l'Anses en octobre 2025. Marcher cinq minutes toutes les trente minutes, à intensité faible à modérée, améliore des paramètres métaboliques comme la glycémie et l'insulinémie. L'agence relève également un effet sur les fonctions cognitives : quelle que soit la vitesse de marche, les études montrent une amélioration de l'attention, du temps de réaction et de l'humeur, ainsi qu'une diminution de la sensation de fatigue.
L'Anses précise que les meilleurs effets sont obtenus autour de trente minutes d'intervalle et qu'ils s'atténuent au-delà, en particulier si l'on dépasse une heure. Chez les enfants, les données suggèrent qu'une rupture plus intense de trois minutes toutes les trente minutes serait encore plus bénéfique. Concrètement : préférer les escaliers à l'ascenseur, téléphoner debout ou en marchant, aller chercher un verre d'eau, sortir cinq minutes entre deux visioconférences.
Et l'activité physique proprement dite
Les repères du PNNS, actualisés à partir de l'expertise de l'Anses de 2016, recommandent aux adultes au moins trente minutes d'activité d'endurance d'intensité modérée à élevée au moins cinq jours par semaine, complétées par du renforcement musculaire et des exercices de souplesse et d'équilibre. Le mode de vie actif au quotidien compte pleinement : se déplacer à pied ou à vélo, jardiner, bricoler, faire le ménage. La pratique sportive vient en complément, pas en préalable.
Un point de méthode, pour septembre : une reprise progressive tenue trois mois vaut mieux qu'un programme ambitieux abandonné au bout de trois semaines. L'inscription en salle prise le 1er septembre n'est pas un indicateur de résultat.
Comment alléger la charge mentale de septembre ?
En réduisant le nombre de décisions à prendre, plutôt qu'en essayant de mieux les prendre.
L'INRS définit le stress au travail comme un déséquilibre ressenti entre ce qu'on demande à une personne et les ressources dont elle dispose pour y répondre. Cette définition est utile bien au-delà du cadre professionnel, parce qu'elle indique deux leviers et non un seul : on peut agir sur les contraintes, ou sur les ressources. La rentrée tend à augmenter les premières et à laisser les secondes inchangées.
L'institut précise que ces situations, lorsqu'elles s'installent dans la durée, ont un coût pour la santé, avec un risque accru de troubles musculosquelettiques, de troubles anxio-dépressifs et d'épuisement professionnel. Parmi les facteurs identifiés figurent la surcharge de travail, le manque de marges de manœuvre, les objectifs flous et le manque de clarté dans le partage des tâches. Ces facteurs sont organisationnels : ils ne se corrigent pas par un effort individuel supplémentaire.
Trois ajustements qui réduisent réellement la charge
Le premier consiste à externaliser la mémoire. Écrire les tâches, les dates et les fournitures libère l'espace mental consacré à ne rien oublier. Ce n'est pas de l'organisation pour l'organisation : c'est le retrait d'une charge de surveillance permanente.
Le deuxième consiste à clarifier qui fait quoi, explicitement, plutôt qu'à répartir les tâches au fil de l'eau. Le manque de clarté dans le partage des tâches figure parmi les facteurs de risque identifiés par l'INRS. Une répartition écrite, même imparfaite, coûte moins d'énergie qu'une négociation renouvelée chaque soir.
Le troisième consiste à réduire le nombre de nouveautés introduites simultanément. Une rentrée qui cumule reprise du travail, nouvelle activité sportive, changement d'alimentation et nouvelle organisation domestique échoue rarement sur un point précis : elle échoue sur le volume.
Compléments alimentaires : comment lire une étiquette
Septembre est la période où l'on croise le plus de mentions liées à l'énergie et à la vitalité. Savoir comment ces mentions sont encadrées permet de lire n'importe quelle étiquette, aujourd'hui comme dans cinq ans.
Le cadre est européen et repose sur un principe simple, celui de la liste positive. Le règlement (CE) n° 1924/2006 pose la règle générale, et une liste européenne fixe les formulations qui peuvent être employées pour décrire l'effet d'un nutriment. Une formulation absente de cette liste ne peut pas être utilisée. Cette liste est régulièrement actualisée à mesure que de nouveaux dossiers sont évalués par l'Autorité européenne de sécurité des aliments. En France, l'application de ces règles est contrôlée par la DGCCRF.
Ce que cela change concrètement
La mention autorisée, lorsqu'elle existe, figure sur l'étiquette du produit, dans une formulation précise et rattachée à un nutriment identifié. C'est là qu'il faut la lire, et non dans un argumentaire commercial ou dans un article. Une allégation ne peut par ailleurs être portée que si le produit apporte le nutriment concerné en quantité suffisante, seuil défini par la réglementation. C'est ce qui distingue une composition réellement dosée d'une présence symbolique dans une formule.
Deux repères de lecture restent valables quelles que soient les évolutions du texte. D'abord, une allégation est toujours rattachée à un nutriment identifié, jamais à une formule dans son ensemble. Ensuite, aucun aliment ni complément alimentaire ne peut être présenté comme traitant, prévenant ou guérissant une maladie : cette possibilité est réservée aux médicaments, et cette frontière-là ne bouge pas.
La place d'un complément alimentaire
Le nom l'indique : un complément vient compléter une alimentation, il ne s'y substitue pas, et il ne remplace pas davantage le sommeil ou l'activité physique. Il s'inscrit à côté des leviers décrits plus haut dans cet article, pas à leur place.
Certaines situations demandent un avis médical ou pharmaceutique avant toute prise : grossesse, allaitement, traitement en cours, pathologie chronique, enfants. Le fer mérite une mention particulière, car il ne devrait pas être pris sans vérification biologique préalable. En cas de doute sur une association ou un dosage, votre pharmacien est l'interlocuteur le mieux placé.
Quand la fatigue de rentrée n'en est plus une ?
Une fatigue de rentrée a une caractéristique : elle s'atténue à mesure que le rythme se réinstalle.
Lorsqu'elle persiste plusieurs semaines malgré des nuits correctes, lorsqu'elle s'accompagne d'essoufflement, de palpitations, d'une perte de poids inexpliquée, de fièvre, de douleurs, d'une humeur durablement basse ou d'une somnolence importante en journée, elle ne relève plus de l'hygiène de vie. Une carence, un trouble thyroïdien, un trouble du sommeil non diagnostiqué comme l'apnée obstructive, une infection ou l'effet indésirable d'un médicament peuvent être en cause.
Dans ces situations, chercher à compenser seul présente un risque : celui de retarder un diagnostic. L'Inserm rappelle par ailleurs que les troubles du sommeil sont fréquents en population générale, l'insomnie touchant 15 à 20 % des adultes et le syndrome d'apnées du sommeil 4 à 6 % d'entre eux. Ce sont des motifs de consultation légitimes, pas des fatalités à gérer seul.
Questions fréquentes
Les questions qui reviennent le plus souvent au moment de la rentrée, avec des réponses courtes.
| Combien de temps faut-il pour recaler son sommeil après les vacances ? |
| Comptez sept à dix jours pour un décalage d'une heure, en avançant le lever et le coucher de quinze à vingt minutes tous les un à deux jours. Un décalage supérieur à deux heures demande de commencer plus tôt. La régularité des horaires compte davantage que la vitesse du recalage. |
| Vaut-il mieux avancer le coucher ou avancer le lever ? |
| Les deux ensemble, mais le lever est le levier le plus efficace. S'exposer à la lumière dès le réveil avance l'horloge biologique, ce qui fait revenir le besoin de sommeil plus tôt le soir. Avancer seulement le coucher produit souvent une heure d'attente dans le noir. |
| Combien de temps doit durer une sieste ? |
| Quinze à vingt minutes, en début d'après-midi et dans un endroit calme. Cette durée fait appel au sommeil lent léger et apporte un gain de vigilance sans pénaliser l'endormissement du soir. |
| À quelle heure faut-il arrêter le café ? |
| Il n'existe pas d'heure officielle, la sensibilité variant fortement d'une personne à l'autre. L'EFSA note qu'une dose unique de 100 mg de caféine peut allonger le délai d'endormissement chez certains adultes. Si vous mettez du temps à vous endormir, déplacer la dernière prise en début d'après-midi est le test le plus simple. |
| Mon adolescent ne s'endort pas avant minuit, est-ce normal ? |
| Un endormissement plus tardif est physiologique à l'adolescence, en raison d'une sécrétion de mélatonine décalée. Le levier utile porte sur l'exposition aux écrans en soirée et sur l'heure de lever, week-end compris. Si la somnolence diurne devient importante, parlez-en à un professionnel de santé. |
| Combien faut-il boire par jour ? |
| Les valeurs de référence de l'EFSA sont d'environ 2 litres par jour pour une femme adulte et 2,5 litres pour un homme adulte, eau apportée par les aliments comprise. Ces repères valent pour un climat tempéré et une activité modérée, et augmentent avec la chaleur et l'effort. |
| Comment savoir si une mention portée par un complément alimentaire est autorisée ? |
| Les formulations utilisables sont fixées par une liste positive européenne, régulièrement actualisée. La mention exacte et le nutriment auquel elle se rapporte figurent sur l'étiquette du produit : c'est la référence à consulter. Aucun complément ne peut en revanche être présenté comme traitant, prévenant ou guérissant une maladie. |
| Par quoi commencer si je ne dois changer qu'une seule chose ? |
| Par l'heure de lever, tenue tous les jours, avec une exposition immédiate à la lumière naturelle. C'est le geste qui déplace l'horloge biologique, et donc celui dont dépend l'efficacité de tous les autres. |
Prenez soin de vous.
L'équipe Biocenter
Information importante
Cet article est un contenu d'information générale. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d'un professionnel de santé. Les repères cités proviennent de l'Inserm, de l'Anses, de Santé publique France, de l'Assurance maladie, de l'Autorité européenne de sécurité des aliments et de l'INRS. Les compléments alimentaires ne se substituent pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain. En cas de fatigue persistante, de traitement en cours, de grossesse, d'allaitement ou pour les enfants, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
