Lactobacillus · Bifidobacterium · Saccharomyces · Fibres fermentescibles

Flore intestinale : notre sélection de compléments alimentaires

Une sélection structurée autour des ferments lactiques traditionnels, des levures, des bactéries propioniques et des fibres végétales.

Cette sous-catégorie rassemble les compléments alimentaires de notre sélection à base de micro-organismes vivants et de fibres végétales fermentescibles. On y trouve les principaux genres bactériens employés dans les compléments alimentaires (Lactobacillus et genres apparentés, Bifidobacterium, Propionibacterium), des levures (Saccharomyces cerevisiae) et des associations avec des fibres. La consommation d'aliments fermentés est une pratique ancestrale documentée sur tous les continents : yaourt, kéfir, choucroute, kimchi, miso, légumes lacto-fermentés. La prise de tout complément alimentaire s'effectue dans le respect des conseils d'usage figurant sur l'emballage et, en cas de question, après avis d'un professionnel de santé.

Ce que le mot « probiotique » désigne, et ce qu'il ne dit pas

Le terme a une définition scientifique et un statut réglementaire distinct en France. Les deux méritent d'être connus avant de lire n'importe quelle étiquette.

L'origine du terme et sa définition scientifique

Le mot vient du grec « pro » (en faveur de) et « bios » (la vie). La définition de référence a été établie en 2001 dans un rapport conjoint de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Organisation mondiale de la santé : des micro-organismes vivants qui, administrés en quantités adéquates, confèrent un bénéfice à la santé de l'hôte. Elle a été reprise et précisée en 2014 par un consensus d'experts de l'Association scientifique internationale des probiotiques et prébiotiques (ISAPP).

Le statut du mot en France depuis 2023

La Commission européenne considère « probiotique » comme une allégation de santé non spécifique, ce qui en interdit l'emploi isolé. Plusieurs États membres ont adopté une position différente. Par un courrier de décembre 2022 officialisé début 2023, la DGCCRF a admis l'emploi du terme en France comme nom de catégorie de substances sur l'étiquetage des compléments alimentaires. Trois conditions encadrent cet usage : le produit doit apporter une quantité suffisante de cellules vivantes par jour et par souche, aucune allégation autre que celle relative à l'équilibre de la flore intestinale ne peut être associée au terme, et la sécurité des souches employées reste à la charge de l'opérateur.

Ce que cela change à la lecture d'une étiquette

La seule mention pouvant accompagner le terme porte sur l'équilibre ou le maintien d'une constitution normale de la flore intestinale. Les formulations évoquant un renforcement ou une augmentation de la flore sont explicitement exclues par la DGCCRF, de même que toute allégation portant sur un autre effet. Une étiquette qui promet davantage sort du cadre, quelle que soit la prudence de la tournure employée.

Les grands genres bactériens des compléments alimentaires

Plusieurs genres bactériens sont utilisés dans les compléments alimentaires. Voici un panorama microbiologique des principaux genres et espèces présents dans cette sous-catégorie. Un avertissement préalable s'impose sur les noms : ils ont changé récemment.

La grande réforme de 2020 : pourquoi les noms ont changé

En 2020, une analyse phylogénomique publiée par Zheng et ses collègues dans l'International Journal of Systematic and Evolutionary Microbiology a scindé le genre Lactobacillus en 25 genres : le genre Lactobacillus au sens restreint, plus 23 genres nouveaux et Paralactobacillus. Le genre historique était devenu si hétérogène qu'il regroupait des bactéries plus éloignées entre elles que ne le sont certaines familles entières. Concrètement, plusieurs espèces courantes ont changé de nom de genre tout en conservant leur nom d'espèce. Les étiquettes et les publications antérieures à 2020 utilisent l'ancienne nomenclature : les deux désignent le même micro-organisme.

Ancien nom (avant 2020)Nom actuel
Lactobacillus plantarumLactiplantibacillus plantarum
Lactobacillus caseiLacticaseibacillus casei
Lactobacillus rhamnosusLacticaseibacillus rhamnosus
Lactobacillus paracaseiLacticaseibacillus paracasei
Lactobacillus reuteriLimosilactobacillus reuteri
Lactobacillus acidophilus, gasseri, delbrueckiiInchangés — ils constituent le genre Lactobacillus au sens restreint

Le genre Lactobacillus

Genre décrit pour la première fois en 1901 par le microbiologiste néerlandais Martinus Beijerinck. Les lactobacilles sont des bactéries lactiques en forme de bâtonnet (du latin bacillus, petit bâton) qui transforment les sucres en acide lactique par fermentation. Depuis la réforme de 2020, le genre au sens strict correspond au groupe dit « delbrueckii », composé d'organismes adaptés à un hôte : on y trouve notamment L. acidophilus, L. gasseri, L. delbrueckii et L. crispatus. On rencontre ces bactéries dans le yaourt, les fromages affinés, la choucroute et les légumes lacto-fermentés.

Le genre Bifidobacterium

Genre décrit en 1899 par le pédiatre français Henry Tissier, à l'Institut Pasteur, à partir des selles de nourrissons allaités. Le nom bifidus renvoie à la forme caractéristique en Y de ces bactéries. Elles sont particulièrement présentes chez le nourrisson allaité, où elles dominent le microbiote intestinal. Plusieurs taxons sont utilisés : B. bifidum, B. breve, B. longum et B. animalis. Deux appellations courantes désignent en réalité des sous-espèces : « B. infantis » correspond à Bifidobacterium longum subsp. infantis, et « B. lactis » à Bifidobacterium animalis subsp. lactis. Cette distinction n'est pas cosmétique : elle conditionne l'identification exacte de ce que contient un produit.

Lactobacillus gasseri

Espèce de lactobacille présente dans les muqueuses humaines. Son nom rend hommage à F. Gasser, bactériologiste français de l'Institut Pasteur, dont les travaux de 1970 sur l'électrophorèse des lactate déshydrogénases avaient permis de distinguer plusieurs sous-groupes au sein de ce que l'on appelait alors Lactobacillus acidophilus. L'espèce a été formellement décrite en 1980 par Eckhard Lauer et Otto Kandler, sur la base de l'hybridation ADN-ADN. Elle appartient au genre Lactobacillus au sens restreint issu de la réforme de 2020.

Les bactéries propioniques (Propionibacterium freudenreichii)

Bactérie traditionnellement utilisée dans la fabrication des fromages à pâte pressée cuite (Emmental, Comté, Gruyère). Elle est responsable des « yeux » de ces fromages, formés par le dégagement de dioxyde de carbone lors de la fermentation propionique. Elle a été décrite par le bactériologiste suisse Eduard von Freudenreich, d'où son nom d'espèce. À noter qu'une réorganisation du genre en 2016 a transféré les espèces cutanées vers le genre Cutibacterium ; les propionibactéries laitières, elles, ont conservé le nom de genre Propionibacterium.

Les levures (Saccharomyces cerevisiae)

À la différence des bactéries précédentes, les levures sont des champignons microscopiques unicellulaires. Saccharomyces cerevisiae, dite levure de bière ou levure de boulanger, est utilisée depuis des millénaires pour la fabrication du pain, du vin et de la bière — le nom d'espèce vient du latin cerevisia, la bière. Sa composition comporte des vitamines du groupe B et des acides aminés. Une variété particulière, Saccharomyces cerevisiae var. boulardii, a été isolée en 1923 par le microbiologiste français Henri Boulard en Indochine, à partir de la peau de fruits tropicaux. En France, certaines souches de cette variété relèvent du statut du médicament et non du complément alimentaire : le régime applicable dépend donc du produit concerné.

Histoire et tradition de la fermentation

La fermentation est l'une des plus anciennes techniques de conservation alimentaire de l'humanité. Voici un panorama culturel et historique des traditions de fermentation à travers le monde.

Les aliments fermentés traditionnels dans le monde

Chaque culture a développé ses propres traditions : yaourt et kéfir dans le Caucase, kimchi en Corée, miso, natto au Japon et tempeh en Indonésie, choucroute en Allemagne et en Alsace, légumes lacto-fermentés dans toute l'Europe centrale et orientale, injera (galette de teff fermenté) en Éthiopie, kombucha en Asie orientale, laban au Levant, idli et dosa en Inde du Sud, chicha de maïs fermenté en Amérique du Sud.

Élie Metchnikoff et l'hypothèse bulgare

Élie Metchnikoff (1845-1916), biologiste russe travaillant à l'Institut Pasteur, colauréat du prix Nobel de médecine 1908 avec Paul Ehrlich pour ses travaux sur l'immunité, s'intéressa à la longévité de populations bulgares consommant traditionnellement du lait fermenté. Il en tira une hypothèse, exposée dans ses écrits du début du XXe siècle, reliant cette consommation à la longévité observée. Il s'agissait bien d'une hypothèse, formulée avant que les méthodes épidémiologiques modernes n'existent, et elle n'a jamais été démontrée sous cette forme. Ses travaux n'en restent pas moins considérés comme un point de départ historique de la recherche sur le microbiote.

Les concepts et leurs auteurs

Le vocabulaire de ce domaine s'est construit par étapes. Le microbiologiste britannique Roy Fuller propose en 1989 une définition révisée du probiotique. En 1995, Glenn Gibson et Marcel Roberfroid introduisent dans le Journal of Nutrition le concept de prébiotique, ainsi que le terme « synbiotique » pour désigner l'association des deux dans une même préparation. L'ISAPP a ensuite publié des consensus successifs : probiotiques en 2014, prébiotiques en 2017, synbiotiques en 2020, postbiotiques en 2021.

Les collections de cultures de micro-organismes

Les souches employées dans les compléments alimentaires sont identifiées par un code unique correspondant à leur dépôt dans une collection officielle. En France, la CNCM (Collection nationale de cultures de micro-organismes) de l'Institut Pasteur est l'une des principales. D'autres existent : ATCC aux États-Unis, DSMZ en Allemagne, JCM au Japon, LMG en Belgique. Le dépôt garantit la traçabilité et la constance de la souche utilisée dans le temps.

Les fibres végétales associées

À la différence des micro-organismes vivants, il s'agit ici de fibres alimentaires que les enzymes digestives humaines ne dégradent pas et qui parviennent au côlon, où elles sont fermentées par la flore. Le terme « prébiotique », qui désigne scientifiquement ce type de substrat, reste en France une allégation de santé non spécifique : il ne peut être employé isolément sur un étiquetage.

L'inuline

Polymère de fructose (fructane) naturellement présent dans de nombreuses plantes : racine de chicorée, qui en est la source la plus concentrée, topinambour, ail, oignon, poireau, asperge, banane, salsifis, artichaut. Le nom vient de la plante Inula helenium, la grande aunée, dont elle fut extraite pour la première fois en 1804 par le chimiste allemand Valentin Rose.

Les fructo-oligosaccharides (FOS)

Oligomères courts de fructose, de faible degré de polymérisation — moins d'une dizaine d'unités, contre plusieurs dizaines pour l'inuline. Ils sont naturellement présents dans la banane, l'ail, le poireau, l'asperge et l'orge, et peuvent aussi être obtenus par hydrolyse partielle de l'inuline ou par synthèse enzymatique à partir du saccharose. On rencontre également les galacto-oligosaccharides (GOS), obtenus à partir du lactose.

La gomme d'acacia

Exsudat récolté par incision de l'écorce d'acacias, principalement Senegalia senegal (anciennement Acacia senegal) et Vachellia seyal, arbres de la famille des Fabacées poussant en Afrique sahélienne : Soudan, Tchad, Sénégal, Nigeria. Aussi appelée gomme arabique, elle est utilisée depuis l'Antiquité égyptienne. Sa composition comporte des arabinogalactanes, des fibres solubles.

Les formules associant micro-organismes et fibres

Certaines préparations associent des micro-organismes vivants et des fibres fermentescibles. Le terme scientifique de « synbiotique » désigne ce type de formule depuis 1995. L'ISAPP en a précisé la définition en 2020, en distinguant les associations complémentaires — chaque composant ayant sa propre documentation — des associations synergiques, où la fibre est spécifiquement choisie comme substrat du micro-organisme apporté.

Questions fréquentes

Que signifient les UFC indiquées sur les compléments ?

UFC signifie « unités formant colonies ». C'est l'unité de mesure utilisée en microbiologie pour quantifier les micro-organismes vivants : la détermination se fait par dilution et culture sur milieu approprié, chaque colonie observée correspondant à un micro-organisme viable. Les compléments alimentaires proposent généralement entre un milliard et plusieurs dizaines de milliards d'UFC par dose journalière. La DGCCRF conditionne d'ailleurs l'emploi du terme « probiotique » à un apport journalier suffisant de cellules vivantes par souche.

Pourquoi certaines gélules sont-elles dites gastro-résistantes ?

L'estomac présente un pH très acide. Les capsules dites gastro-résistantes ou entériques sont enrobées d'un revêtement qui ne se dissout pas à ce pH mais seulement dans le milieu moins acide de l'intestin. Il s'agit d'une caractéristique de la forme galénique, indépendante de la nature du contenu.

Que veut dire « souche » ?

Une souche est une lignée précise au sein d'une espèce. Lacticaseibacillus rhamnosus GG désigne la souche GG de l'espèce L. rhamnosus. Chaque souche possède ses propres caractéristiques génétiques et métaboliques. Elle est identifiée par un code alphanumérique renvoyant à son dépôt dans une collection officielle. Point important : lorsqu'une marque communique sur des travaux scientifiques, ceux-ci portent sur une souche précise et leurs résultats ne s'étendent pas automatiquement aux autres souches de la même espèce.

Pourquoi les noms latins ne correspondent-ils pas toujours d'un produit à l'autre ?

Parce que la nomenclature a changé en 2020 : le genre Lactobacillus a été scindé en 25 genres. Lactobacillus plantarum et Lactiplantibacillus plantarum désignent le même micro-organisme, de même que Lactobacillus rhamnosus et Lacticaseibacillus rhamnosus. Les emballages et les publications antérieurs à cette date utilisent l'ancienne nomenclature.

Comment conserver ces compléments ?

Les micro-organismes étant vivants, la conservation est un point d'attention. La plupart des produits se conservent à l'abri de la chaleur, de l'humidité et de la lumière ; certains demandent une conservation au réfrigérateur. Lisez attentivement l'étiquette de chaque référence. Le titre en UFC est généralement indiqué soit à la date de fabrication, soit à la date de durabilité minimale (DDM) — la mention qui a remplacé l'ancienne DLUO. Cette différence n'est pas anodine : à la fabrication, le chiffre annoncé est mécaniquement plus élevé.

Précautions et avis médical

L'avis d'un professionnel de santé est recommandé dans les situations suivantes : grossesse, allaitement, enfants et adolescents de moins de 18 ans pour les formules destinées aux adultes, personnes sous traitement médical, personnes atteintes d'une pathologie. Il l'est particulièrement pour les personnes immunodéprimées, chez qui la prise de micro-organismes vivants requiert un avis médical préalable. Cette précaution vaut pour l'ensemble des compléments alimentaires.

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